
1. Charles-Louis Müller (1815-1892)
Etude pour L’Observation
Fusain, crayon Conté, rehauts de blanc -
61,8 x 46,5 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : D. Rykner
15/6/08 – Acquisitions et exposition – Paris, Musée du Louvre – Le département des Arts Graphiques du Louvre organise régulièrement de très intéressantes petites expositions dans la salle d’actualité au premier étage de l’aile de Flore. Jusqu’à fin août, on peut y voir plusieurs beaux dessins de Charles-Louis Müller, d’assez grand format, faisant partie d’un ensemble de 46, acquis par le musée en 2007 auprès de la galerie Eric Turquin à Paris [1], presque exclusivement en rapport avec le décor du Salon Denon.
Müller fut un artiste important dans l’histoire du Louvre, puisqu’il y laissa de nombreuses peintures murales [2]. Dès 1851, il peignait L’Aurore, un compartiment de la Galerie d’Apollon, d’après Le Brun, en essayant de se conformer au style du peintre de Louis XIV. En 1858-1859, il exécuta le plafond de la Salle des Etats, un ambitieux ensemble détruit sous la Troisième République et, dix ans plus tard, le motif central du plafond de l’escalier Mollien pour lequel le Louvre a acquis une esquisse en 1988 [3].

2. Charles-Louis Müller (1815-1892)
Etude pour La Pensée
Pierre noire, crayon Conté, rehauts de blanc -
61,5 x 46,5 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : D. Rykner

3. Charles-Louis Müller (1815-1892)
Etude pour La Pensée
Sanguine, crayon Conté, rehauts de blanc -
61,5 x 46,5 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : D. Rykner
La coupole du Salon Denon fut peinte entre 1863 et 1866. Bien que peu visible en raison d’un éclairage insuffisant et peu regardé par les visiteurs du musée qui ignorent le plus souvent les décors du Palais, il s’agit d’un des ensembles décoratifs majeurs du Second Empire conservé à Paris. Sa structure et son iconographie sont particulièrement complexes, alternant peintures murales et bas-reliefs sculptés en carton-pierre. Au centre trône un relief représentant une allégorie, La France écrivant devant Napoléon III, protecteur des Arts [4]. Le plafond est divisé en quatre parties, les lunettes en haut de chaque mur de la salle montrant quatre souverains français : Saint Louis, François Ier, Louis XIV et Napoléon Ier, entourés des plus illustres figures artistiques de leurs temps, dans une disposition fréquente au XIXe qui rappelle, au Louvre même, l’Apothéose d’Homère d’Ingres, ou l’hémicycle de Paul Delaroche à l’Ecole des Beaux-Arts. D’autres sculptures en bas-reliefs représentent La Peinture, La Sculpture, L’Architecture et La Gravure tandis que huit grandes allégories peintes placées dans des niches en trompe-l’œil symbolisent les qualités d’un artiste. Le Louvre en possède toutes les esquisses : quatre (Le Goût, L’Etude, L’Inspiration et La Naïveté) ont été acquises en 1991 et 1996 (deux sont présentées dans l’exposition). Les quatre autres ont été déposées au Musée Carnavalet.

4. Charles-Louis Müller (1815-1892)
Etude pour La Naïveté
Crayon conté, rehauts de blanc - 62 x 46,2 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : D. Rykner

5. Charles-Louis Müller (1815-1892)
Etude pour La Pensée
Fusain, crayon Conté, rehauts de blanc -
62 x 46,5 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : D. Rykner
La dizaine de dessins exposés actuellement, à la sanguine et au crayon Conté, sont préparatoires à ces figures ainsi qu’à d’autres personnages féminins apparaissant dans ce décor. Müller travaille encore dans la grande tradition académique, celle de Vouet et de Le Brun, en préparant d’abord ses figures nues (ill. 1 et 2), puis drapées (ill. 3 et 4), avant de réaliser des esquisses peintes.
En 1990, la Société des Amis du Louvre avait déjà offert 64 feuilles préparatoires à la Salle des Etats et au Salon Denon, notamment des compositions entières. Ce nouvel enrichissement permet au musée de conserver un ensemble très représentatif du talent de dessinateur de Charles-Louis Müller [5].
