
1. Cornelis van Haarlem (1562-1638)
Saint Sébastien, vers 1591-1592
Huile sur toile - 146,7 x 105,4 cm
Interdit de sortie temporairement
du Royaume-Uni
Photo : MLA
21/09/09– Interdiction de sortie – Musées anglais – Nous signalons régulièrement les œuvres interdites de sortie temporairement du Royaume-Uni, qui finissent d’ailleurs généralement par quitter le pays faute de budgets suffisants pour les acquérir. Récemment encore, une toile de Turner (voir brève du 14/12/08) n’a pu être acquise tandis qu’un pastel de Rosalba Carriera, Portrait du diplomate James Gray, retenu en janvier, sortait également quelques mois plus tard du Royaume-Uni.
On espère que ce ne sera pas le cas du remarquable Saint Sébastien de Cornelis van Haarlem (ill. 2) qui vient à son tour de se voir refusé son certificat d’exportation par le ministre anglais de la Culture Barbara Follett.
Peint aux environs de 1591/1592, ce tableau est plus sobre que l’extravagant Compagnons de Cadmus dévorés par le dragon de la National Gallery datant de 1588. Il subit ici l’influence d’Hendrick Goltzius qui, à l’automne 1591, était revenu d’un voyage en Italie où son style avait évolué vers davantage de classicisme. Un des plus beaux exemples de cet assagissement chez Cornelis van Haarlem, en 1592, est La Chute de l’Homme du Rijksmuseum.

2. Domenico Zampieri,
dit Domenichino (1581-1641)
Saint Jean l’Evangéliste, vers 1627-1629
Huile sur toile - 250 x 200 cm
Christie’s Londres, 8 décembre 2009
Photo : Christie’s

3. Domenico Zampieri,
dit Domenichino (1581-1641)
Saint Jean l’Evangéliste
Fresque
Rome, Sant’Andrea della Valle
Photo : Wikimedia Commons
(licence Creative Commons)
Un autre tableau fait actuellement beaucoup parler de lui et devrait aussi, probablement, faire l’objet d’une interdiction temporaire de sortie du Royaume-Uni. Il s’agit du Saint Jean l’Evangéliste du Dominiquin (ill. 2) qui passera en vente chez Christie’s Londres le 8 décembre 2009. L’œuvre, probablement commandée par le Marquis Vincenzo Giustiniani, fut peinte par le Dominiquin peu de temps après les pendentifs de la coupole de Sant’Andrea della Valle où Saint Jean figurait déjà, dans une attitude proche.
Le Cornelis van Haarlem est valorisé à la hauteur de 1 500 000 £, un montant qui pourrait être minoré grâce à des avantages fiscaux si ce tableau était acquis par un musée [1]. Le Dominiquin, lui, est estimé 7 à 10 millions de livres. Une somme que les musées anglais pourraient avoir du mal à réunir tant les temps semblent difficiles pour eux. D’autant que, d’ici moins de trois ans, les National Gallery de Londres et d’Edimbourg devront encore débourser 50 millions de livres pour conserver Diane et Callisto de Titien (voir brève du 4/2/09)
