Echange de dépôts entre Versailles et Montpellier : Cabanel contre l’Albane


16/7/10 – Echange de dépôts – Montpellier, Musée Fabre et Versailles, Musée national du château – La très belle rétrospective consacrée à Alexandre Cabanel par le Musée Fabre, qui vient d’ouvrir pour cinq mois et dont nous parlerons très bientôt, est l’occasion de révéler au public un grand tableau de cet artiste, La Glorification de saint Louis (ill. 1). L’œuvre revient de loin puisque déposée par Versailles au château de Lunéville et roulée, elle put heureusement échapper à l’incendie qui a ravagé en partie celui-ci le 2 janvier 2003, chance que n’eut pas un autre grand format, de William Bouguereau, Le corps de sainte Cécile apporté dans les catacombes de Rome, qui fut entièrement détruit. La toile de Cabanel vient de faire l’objet d’une restauration approfondie de la part du C2RMF.


1. Alexandre Cabanel
La Glorification de saint Louis, 1853
Huile sur toile - 442 x 432 cm
Montpellier, Musée Fabre
(dépôt du Musée national du château de Versailles)
Photo : Musée Fabre

2. Installation de la Glorification de saint Louis
d’Alexandre Cabanel au Musée Fabre
Photo : Didier Rykner


Versailles ne pouvait exposer ce tableau qui ne provenait d’ailleurs pas du château mais était à l’origine une commande, en 1853, pour la chapelle royale de Vincennes, exposée au Salon de 1855 (celui de l’Exposition Universelle). Montpellier, ville natale du peintre, qui conserve une partie non négligeable de son œuvre, était tout trouvée pour abriter cette toile, qui vient d’être installée dans un escalier du musée (ill. 2). Ce dépôt, théoriquement provisoire mais qui sera probablement permanent, a été effectué par échange avec un tableau de Francesco Albani, Adam et Eve chassés du Paradis (ill. 3). Celui-ci, qui faisait partie de la collection personnelle de Louis XIV dès 1683 et qui était conservé dans le cabinet de collectionneur du roi à Versailles, avait été placé par Louis XV en dessus-de-porte dans l’Antichambre des Chiens. Enlevé à la Révolution, il avait été déposé par l’Etat à Montpellier en 1803.


3. Francesco Albani, dit l’Albane (1578-1660)
Adam et Eve chassés du Paradis, vers 1650-1660
Huile sur toile - 68,5 x 52,5 cm
Versailles, Musée national du château
(dépôt du Musée Fabre de Montpellier)
Photo : RMN



Voilà bien l’exemple d’un échange intelligent d’œuvres entre deux musées français. Versailles retrouve un élément de son décor, qui sera réinstallé dans l’Antichambre des Chiens, tandis que Montpellier expose désormais au public un grand tableau qui s’insère parfaitement dans ses collections.

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Didier Rykner, vendredi 16 juillet 2010



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