Du mobilier Empire pour la Propriété Caillebotte


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1. Mobilier de chambre à coucher
Fin de l’époque Empire, vers 1815
Acajou flammé et bronze doré`
Lit : 120 x 215 x 170 cm
Chevet : 88 x 43,5 x 43,5 cm
Yerres, Propriété Caillebotte
Photo : Sotheby’s

10/10/16 - Acquisitions - Yerres, Propriété Caillebotte - Plusieurs musées ont acquis des œuvres à l’occasion de la vente Balkany : le Getty et et le Museum Speelklok d’Utrecht ont chacun acheté un objet (voir les brèves), l’État français a quant à lui préempté, pour la propriété Caillebotte à Yerres, plusieurs pièces de mobilier réparties en trois lots1. Elles forment un ensemble cohérent en acajou flammé, orné de bronzes dorés. Réalisées à la fin de l’Empire, vers 1815, elles proviennent de la chambre de Madame Biennais et ont été conservées dans la propriété Caillebotte jusqu’au début des années 1960.

Seconde épouse de Biennais, Marie-Anne Gaudin acheta le domaine d’Yerres après la mort de son mari en 1843. En 1860, ses héritiers vendirent la propriété à Martial Caillebotte (1799-1874), marchand de draps qui fit fortune grâce à l’armée sous Napoléon III, puis dans l’immobilier avec les travaux d’Haussmann. Yerres devint la résidence d’été de la famille Caillebotte et Gustave, fils de Martial, y peignit de nombreuses toiles, comme l’a rappelé une exposition en 2014 (voir l’article).


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2. Psyché et commode de toilette,
Fin de l’époque Empire, vers 1815,
Acajou flammé et bronze doré
Psyché : 192 x 101 x 67 cm
Commode : 102 x 102 x 60 cm
Yerres, Propriété Caillebotte
Photo : Sotheby’s
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3. Commode à portes et secrétaire à abattant
Fin de l’époque Empire, vers 1815
Acajou flammé et bronze doré
Commode : 93,5 x 148,5 x 64,5 cm
Secrétaire : 144,5 x 100 x 44,5 cm
Yerres, Propriété Caillebotte
Photo : Sotheby’s

Le premier des trois lots, qui comprenait un lit et une table de chevet ou plutôt un chiffonnier (ill. 1), a été adjugé 75 000 euros (frais compris). Le second - une psyché et une commode de toilette (ill. 2) - est parti pour 25 000 euros (frais compris). Le troisième enfin a été adjugé 81 000 euros (frais compris), qui réunissait une commode et un secrétaire (ill. 3).
L’iconographie des bronzes dorés qui décorent ces meubles correspond davantage à la chambre d’un militaire qu’à celle d’une veuve : les montants du chiffonnier, de la psyché, de la commode et du secrétaire ont la forme de faisceaux de licteur, certains couronnés d’un heaume. Un glaive entouré de laurier apparaît sur la face des deux commodes et du secrétaire. Enfin, le lit est orné d’un trophée que l’on retrouve identique quoique moins étendu, sur la partie inférieure de la psyché, composé d’’un plastron, de casques et de canons. Le motif des faisceaux de licteur se retrouve sur d’autres meubles de la même époque, par exemple dans un secrétaire également en acajou attribué à Jean-Jacques Werner.

Il est possible que ce mobilier de chambre soit une commande passée à Biennais par un haut personnage de l’Empire. Le mobilier n’aurait donc pas été livré et serait resté dans l’atelier pour une raison inconnue. Rappelons que Biennais, orfèvre attitré de Napoléon, fut d’abord un tabletier qui profita de la suppression des corporations après la Révolution pour étendre ses activités à l’ébénisterie, puis à l’orfèvrerie.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, lundi 10 octobre 2016


Notes

1Nous remercions Bruno Saunier pour les informations qu’ils nous a données.





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