Du bon et du mauvais usage du verre


JPEG - 429.4 ko
1. Pont des arts, avec panneaux de verre et sans les cadenas
Photo : Didier Rykner

Nous avions mis en doute la pérennité de la solution trouvée par la mairie de Paris (après une longue réflexion) pour se débarrasser des cadenas posés sur les ponts (voir la brève du 4/6/15). Manifestement, nous avions tort. Depuis plusieurs semaines désormais, les grilles bordant le Pont des Arts ont été entièrement supprimées et remplacées par des panneaux de verre, et ceux-ci sont dans l’ensemble restés propres, ni rayés, ni tagués, et surtout le verre n’est pas trop réfléchissant, et se laisse facilement oublier (ill. 1 et 2). Cela faisait des années que cette passerelle n’avait pas été aussi belle, voici une occasion (trop rare) de se réjouir. Bien sûr, quelques abrutis demeurent qui sont allés jusqu’à passer de l’autre côté du parapet pour accrocher des cadenas aux seuls endroits possibles (ill. 3), ou même en haut des réverbères comme ils le faisaient déjà avant (ils en avaient même cassé un). Il faudra sans doute qu’un de ces crétins se tuent en tombant du pont pour qu’on se décide à renforcer la surveillance. Heureusement, ces quelques cadenas qui restent encore sont suffisamment discrets pour qu’on ne s’en formalise pas trop. Espérons que les autres ponts de Paris en seront également bientôt débarrassés.


JPEG - 382.1 ko
2. Pont des arts, avec panneaux de verre et sans les cadenas
Photo : Didier Rykner
JPEG - 234.7 ko
3. Quelques cadenas restant sur le Pont des Arts
Photo : Didier Rykner

L’usage du verre sur le Pont des Arts est donc vertueux. En revanche, au Louvre, il est désastreux. Dans sa recension si drôle de la comédie ridicule qui s’est jouée lors de l’inauguration des Rembrandt par le Président de la République et le roi et la reine des Pays-Bas (voir la brève du 10/3/16), Bénédicte Bonnet Saint-Georges ne parlait pas des conditions de leur présentation.


JPEG - 182.8 ko
4. Rembrandt van Rijn (1606-1669)
Portrait de Marten Soolmans
tel qu’il est présenté actuellement
au Louvre
Photo : Didier Rykner
JPEG - 166.9 ko
5. Rembrandt van Rijn (1606-1669)
Portrait de Oopjen Coppi
tel qu’il est présenté actuellement
au Louvre
Photo : Didier Rykner

Celles-ci sont désolantes, en raison des verres que le musée a cru bon d’appliquer sur les toiles. Bien entendu, aucune vitre ne les ornait chez les Rothschild. On se demande donc quelle mouche a piqué le Louvre et le Rijksmuseum d’en installer, surtout d’aussi mauvaise qualité. C’est bien simple, il est impossible de vraiment voir ces tableaux tant les reflets sont nombreux. Nos photos suffisent à le démontrer. Imaginons tous les tableaux du Louvre ainsi traités. On se demande parfois si les responsables de certains musées aiment la peinture.


Didier Rykner, dimanche 3 avril 2016





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Éditorial : Orsay : Guy Cogeval renouvelé… et remercié

Article suivant dans Éditorial : François Hollande veut défendre le patrimoine (mais pas en France)