Dreams of Nature. Symbolism from Van Gogh to Kandinsky Contenu abonnés


Amsterdam, Musée Van Gogh, du 24 février au 17 juin 2012.
L’exposition ira ensuite à Edimbourg, Scottish National Gallery, du 14 juillet au 14 octobre 2012 et à Helsinki, Ateneumin taidemuseo, Valtion taidemuseo, du 16 novembre 2012 au 13 février 2013.

L’exposition qui vient de s’ouvrir au Musée Van Gogh d’Amsterdam aborde un sujet complexe et rarement traité, celui du paysage symboliste. On le sait, le symbolisme est l’objet de débats infinis quant à sa définition. C’est non seulement le cas pour des raisons de stratégies liées à l’histoire de l’art du XXe siècle (après un symbolisme longtemps ignoré parce que jugé « littéraire », on a fini par comprendre que ce « moment » de l’histoire de l’art et des idées était un des maillons essentiels de l’évolution esthétique entre deux siècles) mais aussi parce que la complexité fait intrinsèquement partie du symbolisme. Comment pourrait-il en être autrement d’un art dont l’ambition est de montrer l’invisible, de matérialiser les idées, de transmettre des questionnements métaphysiques et d’explorer un « paysage intérieur », tout en découvrant de nouveaux territoires plastiques ? Si l’on y ajoute la volonté de fusion des arts, la proximité des peintres avec les poètes et les musiciens ou encore l’inquiétude vis à vis des bouleversements contemporains (recul du spirituel, positivisme, urbanisation, industrialisation), on voit que le « tableau » est chargé d’interrogations. Les théoriciens français du symbolisme, littéraire ou plastique, Jean Moréas, Stéphane Mallarmé, Maurice Denis, Albert Aurier, Alphonse Germain ou Joséphin Péladan pour n‘en citer que quelques uns, livrent des manifestes passionnants et passionnés entre 1886 et 1892, mais on ne peut pas dire que, malgré d’infinies exégèses, ils nous permettent de trancher les débats qu’ils génèrent : la complexité est autant intrinsèque aux définitions du symbolisme qu’au symbolisme lui-même !

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1. Frederick, Lord Leighton (1830-1896)
Clytie, 1892
Huile sur toile - 84,4 x 137, 5 cm
Londres, Leighton House Museum
(dépôt du Fitzwilliam Museum)
Photo : Fitzwilliam Museum Cambridge
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A cet égard, le titre de l’exposition d’Amsterdam est révélateur : « Dreams of nature », avec en sous titre « Symbolism from Van Gogh to Kandinsky » (mais sans que le terme de « landscape » apparaisse), tandis que ce titre changera pour les deux autres stations de l’exposition à Edimbourg et Helsinki (« Van Gogh to Kandinsky : Symbolist Landscape in Europe 1880-1910 »). Le catalogue français, quant à lui, s’intitule simplement « De Van Gogh à Kandinsky, Le Paysage symboliste en Europe 1880-1910 ». Sans sous-estimer des impératifs de communication ou des questions de traduction, dont les commissaires de l’exposition ne sont pas toujours maîtres, ces variations sur le concept sont intéressantes car les titres « Dreams of Nature, Symbolism etc. » et « Le Paysage symboliste », ne veulent pas dire exactement la même chose (la notion de paysage, présente ou absente n’est pas indifférente). Quant au « pont » auquel nous fait penser « De Van Gogh à Kandinsky », même en prenant en compte le marketing destiné à rallier un public avide de grands noms, la formule est frappante : si l’on peut se réjouir de la…

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