Don d’un ensemble de pendules au Musée des Arts décoratifs


JPEG - 100.2 ko
1. Adam Léchopié (?-av.1800)
Pendule à poser
De l’Étude et de la Philosophie, vers 1800
Bronze fondu, ciselé et doré, marbre griotte d’Italie,
cadran émaillé blanc - 56 x 66 x 14,55
Paris,
Musée des Arts décoratifs
Photo : Les Arts Décoratifs/Cyrille Bernard

1/4/16 - Acquisitions - Paris, Musée des Arts décoratifs - Le Musée des Arts décoratifs s’est enrichi d’un ensemble de 33 pendules couvrant une période chronologique allant de la fin du XVIIe siècle aux premières années du XIXe siècle grâce au don de Michel Leclercq, collectionneur passionné d’horlogerie. Entrées dans les collections fin 2014, elles sont exposées au sein du département des XVIIe-XVIIIe siècles depuis le début du mois de mars. Elles inaugurent une nouvelle salle intitulée « Un cabinet d’amateur » dédiée au thème du collectionneur. Si cette salle avant son réaménagement évoquait déjà l’esprit d’un tel cabinet - aux murs étaient exposées des esquisses peintes du XVIIIe siècle pour des décors intérieurs et sur la commode et la console, conservées dans le nouvel aménagement, des groupes en bronze patinés des XVIIe et XVIIIe siècles – la nouvelle muséographie permet de pérenniser cette destination. Ainsi les fiches volantes pour chacun des quatre murs sont très précises tandis que le texte introductif à l’entrée de la salle, assez général sur la notion de collection, laisse le champ libre aux futures présentations. Comme nous l’a expliqué Anne Forray-Carlier, conservatrice en chef du département, l’idée est d’y exposer tour à tour, tous les deux ans environ, différents ensembles d’œuvres issus de dons et de legs et de rendre ainsi hommage aux collectionneurs à l’origine de l’essentiel des collections du musée depuis sa création. Les pendules sont présentées sur des socles fixés aux murs ou posés au sol, directement accrochées aux murs ou posées sur une console et une commode du début du XVIIIe siècle. Les parois et les socles sont peints d’un même vert amande parfaitement approprié et l’éclairage par spots est très réussi.

Une des clauses de la donation impose la présentation de l’ensemble des pendules dans les salles et exclut toute scission avec les réserves. Au terme des deux années à venir, elles intégreront donc le parcours permanent, réparties entre les départements des XVIIe-XVIIIe et XIXe siècles, et rejoindront ainsi la centaine de pendules déjà présente dans les collections. Si cette donation ne se veut pas un ensemble exhaustif, elle offre un très bel aperçu de la production horlogère majoritairement parisienne de l’époque. Certaines pièces – notamment une série de cartels Louis XV - permettent également d’observer la déclinaison provinciale des modèles parisiens. Pour la typologie, seul le régulateur de parquet manque aux côtés des cartels, cartels d’alcôves, régulateurs de cheminée et pendules à poser. Un bel échantillonnage des matériaux est représenté avec la marqueterie, le bronze, le marbre et les biscuits de porcelaine, tout comme une grande diversité stylistique est réunie entre l’inspiration encore rocaille, le goût pour la chinoiserie, le goût grec et les thèmes mythologiques.


JPEG - 162.9 ko
2. Charles Balthazar (?- av. 1776)
Pendule à poser
Le Temps prêt à trancher le fil de la vie, 1745-1749
Bronze fondu, ciselé et doré,
cadran émaillé blanc - 77 x 43,5
Paris, Musée des Arts décoratifs
Photo : Les Arts Décoratifs/Cyrille Bernard
JPEG - 109.6 ko
3. Michel-François Piolaine (?-ap.1812)
Pendule à poser
Le cortège de Dionysos, vers 1785
Bronze fondu, ciselé et doré,
cadran émaillé blanc - 49,3 x 38,3 x 11,9 cm
Paris, Musée des Arts décoratifs
Photo : Les Arts Décoratifs/Cyrille Bernard

Si certaines pendules peuvent sembler redondantes et n’auraient peut-être pas été retenues seules – une Vénus pleurant son oiseau mort est déjà exposée dans la salle 28 par exemple -, d’autres modèles à succès qui faisaient encore défaut au musée le rejoignent comme la pendule dite du Génie funèbre, celle du Lever du jour, de L’Etude et de la Philosophie (ill. 1) ou du Serment des Horaces. Ce sont aussi quelques grands noms de l’horlogerie comme Charles Balthazar (ill. 2), Pierre II Le Roy, Michel-François Piolaine (ill. 3) qui entrent dans les collections. De plus, comme nous l’a signalé Anne Forray-Carlier, la plupart de ces pendules – toutes en état de fonctionnement - sont signées au cadran ou au revers de leur mécanisme et les émailleurs et bronziers de certaines d’entre elles sont identifiés grâce au travail minutieux de leur donateur. La documentation qui accompagne ce don est précieuse, chacune des pendules ayant fait l’objet d’une publication dans le bulletin de l’ANCAHA (Association Nationale des Collectionneurs et Amateurs d’Horlogerie Ancienne)1.


Julie Demarle, vendredi 1er avril 2016


Notes

1Association qui a cessé son activité tout récemment en décembre 2015





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : Réouverture du Musée de Pont-Aven après agrandissement

Article suivant dans Brèves : Boutet de Monvel à l’encan