
Corrado Giaquinto
La Madeleine pénitente, vers 1750
Huile sur toile - 160 x 118,2 cm
New York, Metropolitan Museum
Photo : Sotheby’s New York
3/2/06 – Acquisition - New York - Metropolitan Museum - Suite à la défaveur de l’art baroque durant la majeure partie du XXe siècle, la peinture des XVIIe et XVIIIe siècle était assez peu représentée au Metropolitan Museum et la National Gallery de Washington, en dehors évidemment des Tiepolo et autres védustistes vénitiens. Depuis une vingtaine d’années, ces deux musées rattrapent leurs retards sur les collections européennes [1]. On se souvient des achats récents d’Annibale et de Ludovico Carrache par le Met, en amont d’une politique régulière de donations et d’acquisitions d’œuvres religieuses baroques [2].
Un retable de Corrado Giaquinto représentant la Madeleine pénitente [3] (ill.) était offert à la vente Sotheby’s de New York du 26 janvier dernier. En parfait état, non rentoilé, dans son cadre d’origine, il a été acquis par le collectionneur Mark Fisch pour 1,3 million de dollars, qui l’a donné au Metropolitan Museum en l’honneur de son conservateur des peintures européennes, Keith Christiansen. Peint pour la chapelle privée d’un destinataire non identifié, ce tableau peut être daté vers 1750, à la fin de la période romaine, avant le départ de l’artiste en Espagne en 1753. Le sujet, l’un des plus rebattus de l’art européen, est ici traité par Giaquinto dans un clair-obscur qui évoque Solimena, une influence de jeunesse rarement aussi marquée dans sa maturité, alors que la douceur de la palette rococo et des formes rappelle celle de Sebastiano Conca. On connaît l’existence du bozzetto (non localisé).
