Disparition de Bénédicte Pradié-Ottinger


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Bénédicte Ottinger examinant un
tableau dans la cathédrale de Senlis
Photo : D. R.

19/7/12 - Disparition - Conservateur en chef des musées de Senlis, Bénédicte Pradié-Ottinger est décédée hier 18 juillet des suites d’une longue maladie. Née le 23 novembre 1961, elle était sortie de l’Ecole du patrimoine en 1988 et avait débuté sa carrière comme conservateur au musée des Beaux-Arts de Marseille.

Elle avait rejoint Senlis en 1996, pour prendre la direction des quatre musées de la ville : le musée d’art et d’archéologie, le musée de la vénerie, le musée des Spahis et l’hôtel de Vermandois. Sous son impulsion, le musée de la vénerie a été rénové, puis à partir de 2002, un vaste plan de réhabilitation du musée d’art et d’archéologie, logé dans l’ancien palais épiscopal, auprès de la cathédrale, a été lancé grâce à une importante donation d’une personne privée. Ce chantier est presque terminé et nous en parlerons ici même dans les prochains jours. Les derniers travaux, qui concernent la galerie Renaissance, jusqu’alors fermée au public, devraient s’achever à l’automne. Bénédicte Pradié-Ottinger avait cependant eu la grande joie d’assister, le 23 juin dernier, à la réouverture au public des espaces rénovés. Nous soulignerons à cette occasion son immense courage, qui nous a particulièrement impressionné. Alors qu’elle se trouvait en unité de soins palliatifs, elle avait tenu à ce que nous l’interrogions sur cette réouverture que nous n’avons pas encore pu voir. Nous avions alors échangé la semaine dernière plusieurs mails où elle faisait encore preuve d’humour tout en répondant fort sérieusement à nos questions sur un sujet dans lequel elle s’était totalement investie, malgré sa maladie.

Bénédicte Pradié-Ottinger fut le commissaire de nombreuses expositions, notamment Albert Guillaume, en 1999 ; Thomas Couture, portrait d’une époque, en 2003 ; Chasse à coure, chasse de cour, faste de la vénerie princière à Chantilly au temps des Condés et des Orléans – 1659-1910, en 2004 et récemment, Le cabinet d’un amateur : Georges de Lastic, 1927-1988, en collaboration avec le musée de la chasse et de la nature.
Spécialiste du XIXe siècle, elle s’était attachée au peintre Thomas Couture (1815-1879), natif de Senlis, dont elle rédigeait le catalogue raisonné de l’œuvre peint. La chapelle du chancelier Guérin, qui servit d’atelier à Thomas Couture au début des années 1860, a été entièrement rénovée et présente désormais l’importante collection du musée des œuvres de ce peintre, enrichie de prêts d’autres institutions. Plusieurs œuvres de l’artiste avaient été acquises sous son impulsion dont très récemment un beau Portrait de jeune garçon. Le catalogue raisonné, déjà bien avancé, et pour lequel nous avions publié une annonce en mars dernier, sera poursuivi et publié aux éditions Mare & Martin.

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Didier Rykner, jeudi 19 juillet 2012





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