
1. Ecole de Séville, fin du XVIIe - début du XVIIIe siècle
Le Repos pendant la fuite en Egypte
Huile sur toile - 206 x 247,5 cm
Séville, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Séville
23/01/12 - Acquisitions - Séville, Musée des Beaux-Arts - Le Musée des Beaux-Arts de Séville a enrichi sa collection de trois tableaux. Le premier, acquis par le ministère de la Culture espagnol, illustre Le Repos pendant la fuite en Egypte (ill. 1) ; réalisé à la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle, il serait de la main d’un artiste appartenant au cercle de Murillo. Le petit Jean-Baptiste accompagné d’un agneau ainsi que les angelots, vifs et vêtus d’un pagne coloré correspondent au répertoire du maître qui a, par ailleurs, peint plusieurs toiles sur ce thème, l’un conservé au Detroit Institute of Arts, l’autre au Musée des Beaux-Arts de Budapest. L’œuvre de Detroit présente quelques similitudes avec celle de Séville, notamment la figure de la Vierge, bien que celle-ci soit assise sous un palmier dans un cas et à dos d’âne dans l’autre toile. Contrairement à Murillo, le peintre anonyme a choisi de multiplier les détails et les personnages qu’il a disposés en deux diagonales se croisant, selon une composition dont le mouvement est accentué par le jeu d’ombre et de lumière assez contrasté. Le sol est jonché de fleurs très détaillées tandis que le ciel est traité de manière plus libre. La Sainte Famille, Jean-Baptiste et l’ange sur l’âne sont de meilleure qualité que les autres figures et leurs traits plus doux les rapprochent de la peinture de Murillo, ce qui laisse penser que l’artiste pourrait être un disciple direct, tandis que les autres figures pourraient au contraire être de la main d’un peintre moins qualifié.

2. José María Tamburini (1856-1932)
Le Comte d’Urgell entre les mains
des hommes du roi Ferdinand d’Antequera
Huile sur toile - 127 X 170 cm
Séville, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Séville
La deuxième œuvre est une donation de 2010, qui représente Le Comte d’Urgell entre les mains des hommes du roi Ferdinand d’Antequera ; elle est due à José María Tamburini y Dalmau (ill. 2). La mort sans descendance du roi Martin Ier en 1410 déclencha une guerre de succession pour le trône d’Aragon. Jacques II, comte d’Urgell, était l’un des prétendants à la couronne mais ce fut Ferdinand qui l’obtint en 1412, après le compromis de Caspe. Jacques d’Urgell se révolta, fut vaincu, jugé et emprisonné. Le peintre décrit ici très minutieusement la scène, avec des coloris brillants et un sens du drame teinté d’un goût pour l’anecdote historique.

3. Ignacio Zuloaga y Zabaleta
(1870-1945)
Danseuse de flamenco,
Antonia la Gallega, 1912
Huile sur toile - 196 x 117 cm
Séville, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA de Séville
La carrière de Tamburini se divise en deux parties distinctes ; la première, à laquelle appartient cette toile, réunit des peintures d’histoire relevant du « réalisme académique », puis l’artiste se tourna vers une production plus symboliste et préraphaélite. A cheval entre deux siècles et plusieurs influences, il se forma à Barcelone puis à Paris où il fréquenta l’atelier de Léon Bonnat, et à Rome où il fut séduit par l’œuvre de Mariano Fortuny (1838-1874). Il fut peintre mais aussi illustrateur, critique littéraire et poète, au sein du mouvement catalan littéraire de la Renaixença.
Signalons enfin que le musée sévillan a bénéficié d’un dépôt du musée national de Reina Sofia destiné à remplacer le portrait de Madame Malinovska par Ignacio Zuloaga, qui était exposé à Séville depuis 1976 et est retourné à Madrid. Il s’agit du portrait d’une danseuse de flamenco, Antonia la Galicienne, réalisé à Paris en 1912 par le même artiste (ill. 3) dont on a pu voir quelques œuvres à l’Orangerie tout récemment (voir l’article). Ces toiles présentent chacune une femme en pied, de trois-quarts, sur un fond de couleur, vue légèrement du dessous. Une formule que l’on retrouve dans de nombreux portraits féminins et qui trahit l’admiration du peintre pour Goya. La danseuse toise le spectateur avec un léger sourire tandis que les tissus de sa robe et le fond mouvementé, sans doute en accord avec le tempérament du modèle, créent un effet décoratif séduisant. S’il peignit aussi les mondanités parisiennes, en témoigne le portrait de la comtesse de Noailles, Zuloaga fut surtout le chantre de l’âme espagnole.
