Deux sculptures françaises pour le High Museum d’Atlanta


1. Pierre Julien (1731-1804)
Diane chasseresse, 1782,
d’après un modèle antique
Marbre - 100 x 65 cm
Atlanta, High Museum of Art
Photo : Galerie Patrice Bellanger

11/8/06 – Acquisitions - Atlanta, High Museum of Art – Deux sculptures françaises ont récemment fait leur entrée dans les collections d’Atlanta1, acquisitions qui prouvent ainsi que ce musée sait aussi acheter des œuvres pour remplir ses bâtiments.

La première est une copie par Pierre Julien de la Diane Chasseresse antique, dite Diane de Versailles2. La copie d’antique fut un exercice pratiqué par les plus grands sculpteurs depuis le XVIe siècle. Julien s’y adonna de manière assidue, et un chapitre entier du catalogue de l’exposition du Puy est consacré à cette activité3. On y lit notamment que les « statues "demi-nature" en marbre, en conservant quelque chose du matériau et de la monumentalité des antiques, pouvaient s’intégrer dans le cadre raffiné d’une collection d’amateur par la préciosité du traitement de la surface ». La sculpture acquise par Atlanta rentre bien dans ce cadre, puisqu’il s’agit d’une copie réduite à la moitié de la taille de l’original. On peut la dater précisément puisqu’en 1782, le sculpteur avait emprunté à l’Académie royale de peinture et de sculpture le moulage de la Diane pour en faire une copie.
Parmi les antiques copiées par Julien, on compte notamment le Gladiateur mourant (Paris, Musée du Louvre), Atalante, conservée dans une collection particulière, Antinoüs (localisation inconnue, mais dont une photo existe) et l’Apollon du Belvédère, aujourd’hui disparu, et qui fut commandé au sculpteur en même temps que le Gladiateur.

2. Pierre-Eugène-Emile Hébert (1828-1893)
Honoré de Balzac, 1877
Terre cuite - 85 x 65 x 43 cm
Atlanta, High Museum of Art
Photo : Galerie Patrice Bellanger

La seconde est un buste de Balzac, par Pierre-Eugène-Emile Hébert, fils du sculpteur Pierre Hébert. A la mort de Balzac, en 1850, un projet de souscription pour l’érection d’un monument à sa mémoire n’aboutit pas, mais Hébert manifesta son intérêt pour sa réalisation. En 1877, il exposa au Salon un buste d’Honoré de Balzac, sans doute en plâtre, alors que celui acquis par le High Museum est un exemplaire en terre cuite. Légèrement tourné vers la droite, les cheveux ébouriffés, l’œil vif, ce buste rétrospectif est un bon exemple de sculpture romantique tardive. On reconnaît bien l’écrivain tel que sa figure a été popularisée par un daguerréotype parfois attribué à Nadar ou en peinture par Louis Boulanger. Il est probable que le sculpteur s’est inspiré de ces modèles. Vingt ans plus tard, Rodin figurera Balzac dans un esprit bien différent, beaucoup moins réaliste.


Didier Rykner, vendredi 11 août 2006


Notes

1. Ces deux œuvres ont été acquises de la galerie Patrice Bellanger à Paris.

2. Elle est signée juLien / scuLr du roy).

3. Philippe Malgouyres, « Julien et la copie d’antiques », in G. Grandjean et G. Scherf (éd.), Pierre Julien 1731-1804. Sculpteur du Roi, Paris, Somogy, 2004, p. 91-99. La Diane chasseresse est reproduite p. 97. Voir la recension de cette exposition.



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