Deux pots à oille acquis par le Louvre


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Nicolas Besnier (1686-1754)
Pots à oille du Service Walpole et leur plateaux, 1726-1727.
Argent fondu, ciselé et gravé - H. 38 cm, D. des plateaux 45 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Sotheby’s

16/6/14 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre - Comme nous le signalions dans l’article du 8 juin dernier sur la réouverture des salles d’objets d’art du Louvre, le musée a récemment acquis deux pots à oille1 et leurs plateaux, par l’intermédiaire de Sotheby’s dans une vente de gré à gré2, qui avaient été classés trésors nationaux le 10 juillet 20133.
Ils sont présentés pour un temps dans la Chambre du duc de Chevreuse en hommage à la Société des Amis du Louvre4 : celle-ci en effet a financé la moitié de leur coût, qui s’élevait au total à 5,5 millions d’euros.

Ces deux pots à oille faisaient partie d’un service à la française réalisé à Paris en 1726-1727 par Nicolas Besnier pour Horace Walpole, ambassadeur d’Angleterre en France de 1723 à 1730. La présence des armes de Walpole, mais aussi de celles du roi George Ier assorties de la devise de l’ordre de la Jarretière, donne à ces pièces un caractère officiel.
D’un point de vue esthétique, elles témoignent de la transition du style Louis XIV au style Louis XV : la rigueur et la symétrie sont adoucies par une légèreté et une plasticité qui annoncent le rocaille. La panse enflée, couronnée par une frise d’oves repose sur quatre pieds à enroulements qui sont reliés au corps par des masques de satyres souriants coiffés de palmes. Les anses sont formées d’enroulements, de fleurons et de coquilles, tandis que la prise du couvercle est une fleur stylisée. Ces œuvres sont proches des pots à oille du service de « l’ordinaire du roy » exécutés par le même orfèvre.

Ces œuvres témoignent en outre par leur qualité d’exécution de la virtuosité de Nicolas Besnier, dont le poinçon est visible. Filleul de Nicolas Delaunay, il rejoignit son atelier après un séjour à l’Académie de France à Rome. Reçu maître orfèvre en 1714, il obtint le titre d’orfèvre du roi, tout comme Thomas Germain et Claude II Ballin.
La conservation de ces deux pièces est exceptionnelle : elles ont en effet échappé aux fontes ordonnées par Louis XV au moment de la guerre de Sept Ans puis aux destructions de la Révolution, et viennent ainsi combler une lacune dans les musées français qui conservent davantage d’objets d’après 1730 comme le service Penthièvre-Orléans de Thomas Germain.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, lundi 16 juin 2014


Notes

1Rappelons que l’oille est un plat, genre de potée faite à partir de viandes et de légumes.

2Le Louvre avait récemment également acquis deux terrines de Robert-Joseph Auguste par l’intermédiaire de Sotheby’s.

3Lire l’article de Michèle Bimbenet-Privat sur ces deux œuvres dans le Bulletin de la Société des Amis du Louvre, juin 2014.

4En 2012, la Société des Amis du Louvre a financé à hauteur de 3 millions d’euros la restauration et la réinstallation de la chambre de parade du duc de Chevreuse qui ornait l’ancien Hôtel de Luynes.





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