Deux œuvres religieuses du XIXe siècle offertes au Musée des Beaux-Arts de Rennes


JPEG - 140.3 ko
1. Henri Lehmann
Au pied de la Croix, 1844
Huile sur toile - 40 x 32 cm
Rennes, Musée des Beaux-Arts
(don sous réserve d’usufruit)
Photo : Didier Rykner

16/12/15 - Acquisitions - Rennes, Musée des Beaux-Arts - Le Musée des Beaux-Arts de Rennes a reçu deux œuvres religieuses du XIXe siècle, offertes par un certain Didier Rykner, directeur d’une revue intitulée La Tribune de l’Art...
La première est une peinture d’Henri Lehmann, donnée sous réserve d’usufruit : elle représente la Vierge au pied de la croix (ill. 1). Il s’agit d’une esquisse à l’huile pour une toile peinte en 1847, exposée au Salon de 1848 et destinée à orner la chapelle de la Compassion dans l’église parisienne de Saint-Louis-en-l’Île. Pour cette chapelle l’artiste peignit aussi L’Assomption (1849) et la Vierge présentant l’enfant Jésus (1850). Cette esquisse datée 1844 est citée par Henri Lehmann dans une lettre à Marie d’Agoult du 19 mai 1844 où il lui dit : « J’ai eu le cœur serré en vous quittant et, au lieu de se desserrer, toutes les tristesses que vous avez accumulées en moi depuis un mois se sont posées sur lui. J’en ai fait une Scène au pied de la Croix qui sera un beau tableau quelque jour et une belle esquisse quand vous reviendrez. »
Les personnages sont ici rapidement brossés, le peintre semble étudier leur position pour mieux traduire les différents sentiments qui les traversent et les liens qui les unissent. Un dessin plus achevé conservé au Getty montre l’évolution de la composition, et précise les protagonistes de la scène, saint Jean est agenouillé à droite, la Madeleine debout à gauche, sans doute est-ce Joseph d’Arimathie qui soutient Marie.
Cette esquisse rejoint à Rennes une autre version de la peinture finale. Le musée avait par ailleurs organisé en 1987 une exposition « Première idée » consacrée aux œuvres préparatoires, dont le catalogue étudie la genèse de La Vierge au pied de la croix. On connaît en effet - cette esquisse n’était pas encore réapparue - plusieurs études dessinées, à Rouen, au Louvre également, où la figure de Marie Madeleine nue puis habillée est déclinée sur papier. Sur le marché de l’art est passée récemment une tête de saint Jean préparatoire à l’autre version de Rennes.


JPEG - 77.9 ko
2. Camille-Auguste Gastine (1819-1867)
Saint
Pierre noire - 97 x 61 cm
Rennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Rennes

L’autre œuvre offerte (sans réserve d’usufruit) est un grand dessin mis au carreau de Camille-Auguste Gastine représentant un saint, vêtu de l’habit des capucins ou cordeliers - il est ceint d’une corde - il tient une croix dans la main droite, un fouet plombé dans la main gauche. Peut-être s’agit-il de Bernard de Corleone (1605-1667), franciscain connu pour s’infliger des mortifications en guise de pénitence. Cependant, s’il fut béatifié en 1768, il ne fut canonisé qu’en 2001.
Camille-Auguste Gastine se forma en 1842 à l’École des Beaux Arts de Paris, passant par l’atelier de Paul Delaroche. Il exposa pour la première fois au salon en 1844, une Sainte Famille, puis voyagea en Italie. En 1846, il entra dans l’atelier de François Édouard Picot. Il est connu pour ses peintures ornementales, aussi bien dans les églises que les hôtels particuliers ou les édifices publics. Il collabora notamment avec Hippolyte Flandrin au décor de l’abbaye de Saint Germain des Prés, et à la cathédrale de Bordeaux avec Sébastien Cornu. Il conçut aussi des vitraux, notamment pour les cathédrales de Lodève et de Béziers .


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mercredi 16 décembre 2015





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : Exposition et acquisitions à Orléans

Article suivant dans Brèves : Importante donation au Musée des Tissus de Lyon