Deux nouveaux tableaux de Eakins de Philadelphie vendus à des collectionneurs privés


1. Thomas Eakins (1844-1916)
Portrait du professeur William S. Forbes, 1905
Huile sur toile
Collection particulière
(naguère à Philadelphie,
Thomas Jefferson University)
Photo : D. R.

22/6/07 – Deaccessioning – Philadelphie, Thomas Jefferson University et Pennsylvannie Academy of the Fine Arts – La Thomas Jefferson University, qui s’était récemment séparée de deux tableaux de Thomas Eakins (voir brève du 8/6/07), vient de vendre le troisième et dernier qu’elle conservait, le Portrait du professeur William S. Forbes (ill. 1). Cette œuvre avait été commandée directement à l’artiste en 1905 par d’anciens élèves et des étudiants pour rendre hommage à ce médecin qui tenait une chaire d’anatomie au Jefferson Medical College1.
Si les deux premiers avaient pu être acquis par des musées, celui-ci fera le bonheur d’une collection particulière. Il était pourtant, depuis son don à l’Université, exposé au public. Celle-ci se défend en expliquant que son rôle n’est pas de conserver des tableaux. Cet argument revient à nier l’histoire de cet établissement. A ce compte, seuls les musées auraient vocation à posséder et exposer des objets d’art, toutes les autres institutions (universités, hôpitaux, églises...) pouvant sans vergogne les céder au plus offrant.

2. Thomas Eakins (1844-1916)
Le violoncelliste, 1896
Huile sur toile - 163,2 x 122,2 cm
Collection particulière
(naguère à Philadelphie, Pennsylvania Academy
of the Fine Arts)
Photo : D. R.

Ultime paradoxe : pour acquérir The Gross clinic de la Thomas Jefferson University la Pennsylvania Academy of the Fine Arts2 a dû revendre un autre tableau de Eakins, Le violoncelliste (ill. 2) qu’elle avait acquis en 1897. Cette vente, conclue dans le plus grand secret, a fait polémique. Selon The Philadelphia Inquirer « Sacrifier un Eakins pour en sauver un autre revient, en termes médicaux, à amputer une jambe pour sauver la vie du patient. De plus, la méthode de l’Académie - disposer de la peinture, rapidement et en secret, à une personne non identifiée pour un prix non divulgué - est une méthode encore plus clandestine que celle du Jefferson pour ventre The Gross Clinic »3.
A ce jeu de dupes, c’est bien le patrimoine de Philadelphie qui est mis à mal, trois œuvres de Eakins qui étaient jusqu’ici à la disposition du public ayant quitté cette ville, deux d’entre elles pour des collections particulières.

English version


Didier Rykner, vendredi 22 juin 2007


Notes

1. Ce collège fait partie de la Thomas Jefferson University

2. En partenariat avec le Philadelphia Museum of Art.

3. Edward J. Sozanski, « Secret shame : Selling one Eakins to save another », The Philadelphia Inquirer, 11 février 2007.



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