
1. Isaac Moillon (1614-1673)
Sophonisbe buvant le poison, vers 1655
Huile sur toile - 142,25 x 144,15 cm
Los Angeles, County Museum of Art
Photo : LACMA
7/02/12 - Acquisitions - Los Angeles, County Museum of Art - Comme nous l’annoncions dans le dernier article consacré au Los Angeles County Museum of Art (voir la brève du 7/12/11), nous allons tenter de rattraper notre retard sur les acquisitions récentes de ce musée, qui s’enrichit régulièrement chaque année, au moins pour les œuvres entrées depuis 2008.
Pour le XVIIe français, ce sont deux tableaux peints par le frère et la sœur, Isaac et Louise Moillon, qui ont ainsi été acquis, respectivement en 2009 et 2010, auprès de la galerie Eric Coatalem à Paris.
Le tableau d’Isaac Moillon représente Sophonisbe buvant le poison (ill. 1), l’un de ces épisodes représentant une femme forte qu’affectionnaient particulièrement les peintres français au XVIIe siècle, mais aussi les auteurs de théâtre. Si Corneille écrivit une Sophonisbe en 1663, il est possible que Moillon, né en 1614, ait été influencé par le drame éponyme de Jean Mairet, joué pour la première fois en 1634, et contant également l’histoire de cette princesse carthaginoise préférant le suicide au déshonneur de la captivité chez les Romains.
Il est possible que ce tableau à la forme chantournée ait fait partie d’un décor aujourd’hui démembré. Le catalogue de l’exposition Isaac Moillon dont nous avions parlé ici-même reproduit plusieurs œuvres d’un style proche de celle-ci, mais celle qui nous paraît la plus comparable est Esther devant Assuerus, un dessus de cheminée d’une chambre du château de Saint-Quintin-sur-Sioule. Les canons des personnages, très allongés, sont fort proches de celui-ci et les figures de Sophonisbe et d’Esther sont presque superposables. Cela permettrait de dater la peinture acquise par le LACMA des environs de 1655. A cette époque, son chromatisme est plus clair et ses figures sont moins trapues que dans les tableaux peints une décennie plus tôt, notamment ceux pour l’hospice de Beaune, comme le signale Sylvain Laveissière dans le catalogue cité précédemment1.

2. Louise Moillon (1610-1696)
Corbeille de pêche, coings et prunes sur un entablement, après 1641
Huile sur toile - 66 x 84,5 cm
Los Angeles, County Museum of Art
Photo : Galerie Eric Coatalem
L’autre Moillon (ill. 2) est donc dû à Louise, la sœur bien plus connue d’Isaac, peintre de natures mortes assez dépouillées, proches notamment de celles de Pierre Dupuis, son exact contemporain.
Le tableau acquis de la galerie Coatalem est typique de cet artiste dont la capacité à rendre la texture des fruits est particulièrement impressionnante, tout comme l’est également sa science de la composition qu’on a pu qualifier, à tort selon nous, de naïve. Ici, les pêches qui s’amoncellent dans le panier d’osier semblent vouloir déborder de celui-ci en s’immobilisant dans un équilibre instable qui donne une certaine tension à l’œuvre.
