Deux Louis Janmot pour le Musée des Beaux-Arts de Lyon


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1. Louis Janmot (1814-1892)
Autoportrait, 1832
Huile sur toile - 81 x 65,5 cm
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Lyon

22/12/10 - Acquisitions - Lyon, Musée des Beaux-Arts - En 2007, le Musée des Beaux-Arts de Lyon présentait une exposition intitulée Le temps de la peinture, consacrée à la peinture lyonnaise au XIXe siècle (voir l’article). On pouvait y voir un Autoportrait de Louis Janmot que le Musée vient d’acheter directement auprès de sa propriétaire, descendante de l’artiste. L’image est fascinante : le jeune artiste (il n’a pas encore dix-huit ans), alors élève de l’Ecole des beaux-arts de Lyon dans l’atelier de Bonnefond, semble regarder fixement le spectateur, dans un face à face étrange, presque dérangeant. En réalité, il se confronte à la toile qui se trouve face à lui, utilisant son pinceau comme un arme, attendant l’inspiration qui doit lui permettre de réaliser un chef-d’œuvre. Cet autoportrait pourrait entrer dans un florilège de la figure de l’artiste romantique, ce que Janmot n’était d’ailleurs pas.
L’artiste obtint, en avril 1832, ex-aequo avec Pierre Bonirote, le Laurier d’or qui constituait la plus haute récompense de l’école et qui préludait en général au départ vers un atelier parisien, ce qui n’advint, sans doute à cause de l’épidémie de choléra, qu’un an et demi plus tard, en novembre 1833, quand Janmot arriva dans la capitale et devint l’élève d’Orsel et d’Ingres1.


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2. Louis Janmot (1814-1892)
La Vierge à l’Enfant
Pierre noire, sanguine et craie blanche - 106 x 51 cm
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Lyon
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3. Louis Janmot (1814-1892)
Triptyque du Mois de Marie, 1850
Huile sur bois
Panneau central : 106 x 51 cm
Volets latéraux : 122 x 35 cm
Lyon, primatiale Saint-Jean
Photo : Didier Rykner

Janmot est un artiste important et le Musée des Beaux-Arts de Lyon qui conserve son chef-d’œuvre, le cycle du Poème de l’âme, se doit de montrer son art de la manière la plus complète possible. C’est ainsi qu’il avait acquis en 2008 (nous n’en avions pas encore parlé), auprès de la galerie Elstir à Paris, un carton dessiné (ill. 2) représentant la Vierge à l’Enfant, préparatoire au panneau central du triptyque Le mois de Marie conservé dans la Primatiale Saint-Jean (ill. 3). L’architecture de ce retable néo-gothique est due à l’architecte lyonnais Pierre-Marie Bossan, auteur de très nombreuses œuvres religieuses dont la basilique de Fourvières. Les modèles de Janmot sont clairement préraphaélites et regardent du côté du Quattrocento italien.

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Didier Rykner, mercredi 22 décembre 2010


Notes

1Voir notamment Elisabeth Hardouin-Fugier, Louis Janmot 1814-1892, Lyon, 1981, p. 24 et 25.





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