Deux dessins offerts au château de Fontainebleau


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1. Claude-Louis Desrais (1746- 1816)
Napoléon devant la colonne de Rossbach, après octobre 1806.
Plume et encre brune, lavis, crayon,
rehauts de blanc - 24 x 41 cm
Fontainebleau, Musée national du château
Photo : Château de Fontainebleau
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26/1/17 - Acquisitions - Fontainebleau, Musée national du château - Deux dons ont récemment enrichi le cabinet napoléonien des arts graphiques du château de Fontainebleau1. Un dessin de Claude-Louis Desrais tout d’abord, illustrant un épisode des guerres napoléoniennes a été offert par Monsieur Serge Grandjean2.
Desrais délaissa la peinture pour le dessin et l’eau-forte, travaillant notamment pour la Galerie des modes et Costumes français éditée par Jacques Esnault et Michel Rapilly entre 1778 et 1787. Il réalisa aussi des portraits et des scènes historiques comme celle-ci.
Napoléon, après sa victoire à Iéna en 1806, arriva au pied de la colonne de Rossbach qui avait été élevée par Frédéric II de Prusse en 1757 afin de célébrer la victoire prussienne sur les troupes françaises et autrichiennes. Ce monument était un affront qu’il fallait effacer, aussi l’empereur le fit-il abattre et transporter en France. Le moment où les soldats démontent la colonne a été représenté à plusieurs reprises, notamment dans une peinture de Pierre Antoine Vafflard ou dans plusieurs estampes, mais Desrais préfère mettre en scène l’instant précédent, lorsque Napoléon condamne le monument en le désignant du doigt.
Ce dessin a été donné avec l’estampe qui lui est associée et sur laquelle est reprise au clair la légende écrite sous l’image : « L’Empereur Napoléon le grand, à la tête de ses troupes victorieuses en traversant la plaine de Rosback le 18 Octobre 1806, trouva sur son passage la colonne injurieuse aux français, laquelle Frédéric Roy de Prusse avoit fait élever pour éterniser sa gloire pendant la guerre de sept ans , notre nouveau César saisi d’indignation, ordonna que cette infâme monument fut abattu sur le champ et transporté à Paris. »
Il rejoint dans les collections de Fontainebleau un autre dessin de Claude-Louis Desrais, une allégorie à la gloire de Napoléon Bonaparte.

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2. Attribuée à Auguste Couder (1789 - 1873)
Allégorie à la gloire de Napoléon, 1812
Plume, encre brune, lavis,
rehauts de blanc, pierre noire - 29,5 x 36,2 cm
Fontainebleau, Musée national du château
Photo : Château de Fontainebleau
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C’est justement une feuille à la gloire de l’empereur français et datant de 1812 qui est récemment entrée au musée grâce au mécénat de Giles Ellwood et de Philippe Sacerdot. Elle était notamment passée dans une vente d’Osenat le 20 novembre 2016, attribuée à Louis-Charles-Auguste Couder. Couronné de lauriers, Napoléon est assis sur un trône et tient une main de justice, le drapé antique laissant voir son torse nu. Il est entouré de plusieurs allégories : à gauche une femme joue de la harpe, peut-être est-ce la Poésie, derrière, la Renommée souffle dans sa trompette, et puis la Ville de Rome tient un enfant dans ses bras ; sans doute faut-il y voir une allusion au Roi de Rome, fils de Napoléon né un an plus tôt en 1811. L’aigle est aux pieds de l’empereur, tandis qu’un lion apparaît sur la droite ; sa présence est plus étonnante, puisqu’il ne fait pas partie des symboles impériaux, peut-être évoque-t-il la Force, mais celle-ci aurait pu être représentée sous les traits d’une figure féminine comme les autres allégories. Sur la base du trône un bas-relief montre Jupiter terrassant les titans, motif que l’on retrouve dans un tableau d’Ingres, Jupiter et Thétis. Ce relief reprend le camée d’ Athenion. Napoléon par sa pose et le drapé qui l’habille est d’ailleurs assez proche du Jupiter d’Ingres.
Comme le suggère la lunette dans laquelle est placée la composition, cette feuille serait une esquisse pour un décor palatial, une peinture qui n’aurait jamais vu le jour ou qui aurait disparu. Un dessin correspondant à la première pensée est conservé au musée Marmottan.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, jeudi 26 janvier 2017


Notes

1Cette brève a bénéficié des informations envoyées par Christophe Beyeler.

2Don fait en mémoire de son grand-père Pierre Grandjean lieutenant-colonel au 13e régiment de Dragons de Melun.





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