Deux dessins acquis par le Frances Lehman Loeb Art Center


1/9/14 - Acquisitions - Poughkeepsie, The Frances Lehman Loeb Art Center - Outre un tableau de Willem de Poorter (voir la brève du 26/8/14), le Frances Lehman Loeb Art Center a également acquis deux dessins au cours de l’année 2014. Le premier est une étude de bras, d’homme costumé par Thomas Couture, que présentait la galerie Jean-François Heim à la TEFAF et qui était passée dans une vente de Christie’s, à Paris, les 22 et 23 avril 2013 (ill. 1). Le personnage est à rapprocher de l’homme qui se tient debout à gauche dans un tableau du peintre : Le Mariage d’Arlequin, au Musée d’Orsay. D’autres études pour cette toile sont conservées au Château de Compiègne. Arlequin revient plusieurs fois dans l’œuvre de Couture, la plupart du temps associé à une autre figure de la Commedia dell’arte, Pierrot, dans des tableaux souvent parés d’une connotation satirique : Arlequin et Pierrot, Le Duel après le bal masqué, Le Mariage d’Arlequin, Le Souper à la Maison d’Or


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1. Thomas Couture (1815-1879)
Étude d’un buste d’homme
Fusain - 52 x 66 cm
Poughkeepsie, The Frances Lehman Loeb Art Center
Photo : The Frances Lehman Loeb Art Center
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2. Gustave Guillaumet (1840-1887)
Etude de femme africaine
Fusain et craie blanche - 62 x 47 cm
Poughkeepsie, The Frances Lehman Loeb Art Center
Photo : Sotheby’s

La seconde feuille est une étude de femme africaine, vue de trois-quart dos, par Gustave Guillaumet proposée cette année par la galerie Motte Masselink au Salon du dessin et que Sotheby’s avait précédemment mise en vente à Londres le 7 juillet 2011 (ill. 2).
Le peintre voyagea au Maghreb à de nombreuses reprises, plus particulièrement en Algérie, et témoigna par ses dessins et par ses toiles de la vie des populations du désert, rurales et nomades, dont il partagea le quotidien. Il multiplia les esquisses prises sur le vif, notamment des figures féminines isolées, l’une porte son enfant, l’autre est occupée à tisser, celle-ci tient ce qui semble être un volatile mort ; elle séduit par son attitude à la fois hiératique et nonchalante, soulignée par de beaux effets de drapés. Guillaumet ne donne pas une vision rêvée de l’Orient, il fournit des images naturalistes, dans la lignée d’Eugène Fromentin, des images qu’il peint, dessine ou qu’il écrit dans une série d’articles, Tableaux algériens, parus dans La Nouvelle Revue entre 1879 et 1884 et réunis en un volume illustré en 1888. Le musée de Laval avait consacré une exposition, en 2008-2009, à ces peintres qui répondirent à « L’Appel du désert » entre 1870-19101.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, lundi 1er septembre 2014


Notes

1« L’Appel du désert, les peintres voyageurs en Algérie 1870-1910 » du 29 novembre 2008 au 1er mars 2009, Laval, Musée du Vieux Château.





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