Deux Christ en ivoire donnés au Louvre


3/12/14 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre - Conçus à la même époque - autour de 1600 - et dans le même matériau - l’ivoire -, ils sont pourtant très différents : deux Christ ont été offerts au Louvre par Marc Fumaroli sous réserve d’usufruit. Philippe Malgouyres, auteur du catalogue des ivoires du Louvre (voir l’article), les présente dans le numéro de décembre du Bulletin de la Société des Amis du musée, dont le donateur est le président. L’essentiel des informations contenues dans cette brève proviennent de cet article.


JPEG - 38.1 ko
1. Christ en croix
Rome, vers 1600.
Ivoire - 29 x 25 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : 2014 Musée du Louvre
JPEG - 42.8 ko
2. Christ en croix
École hispano-philippine, Sud de la Chine, vers 1600
Ivoire - 46,5 x 40,5 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : 2014 Musée du Louvre

Le premier fut peut-être créé à Rome à la fin du XVIe siècle (ill. 1). Il s’inspire en effet de celui réalisé en métal précieux par Antonio Gentili en 1582, d’après un modèle de Guglielmo Della Porta, pour l’autel de Saint-Pierre. Plusieurs répliques furent produites en ivoire, dont certaines furent envoyées en Espagne, comme celle conservée à l’évêché d’Astorga, qui aurait été offerte par Pie V, ou celle qui vient d’être donnée au Louvre. Car le crucifix était accompagné de plusieurs éléments typiquement hispaniques que Marc Fumaroli a achetés démontés et qui devraient être remontés par le Louvre. La photo ne le montre pas, mais Philippe Malgouyres nous a signalé que Jésus est doté d’une auréole en argent et qu’il était suspendu à une croix en bois dont les extrémités sont en argent, avec un titulus en ivoire ; un tête d’ange également en ivoire fait partie de l’ensemble.

Le second Christ s’inspire quant à lui de Giambologna (ill. 2). Il en offre une version simplifiée, le visage est même légèrement sinisé. Il évoque la colonisation des Philippines par les Espagnols au cours de la deuxième partie du XVIe siècle. On produisit alors dans le sud de la Chine nombre de statuettes en ivoire de Jésus ou de saints, d’après des modèles européens. Elles étaient diffusées ensuite jusqu’en Amérique latine puis en Espagne.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mercredi 3 décembre 2014





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : Les ventes de décembre à Londres

Article suivant dans Brèves : Une allégorie de La Foi de Giorgio Vasari acquise par l’État italien