Deux Bonnard offerts au Cannet


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1. Pierre Bonnard (1867-1947)
Paysage du Midi, vers 1924
Encre et rehauts de gouache sur papier - 16,5 x 27,3 cm
Le Cannet, Musée Bonnard
Photo : Artcurial

13/1/16 - Acquisition - Le Cannet, Musée Bonnard - Deux arbres ont été offerts au Musée Bonnard du Cannet : un palmier et un amandier.

Le premier, tracé à l’encre, déploie ses branches au premier plan d’un paysage contemplé depuis une colline : des maisons se mêlent à la nature, tandis qu’au loin, on croit distinguer la silhouette de montagnes qui se confondent avec les nuages (ill. 1).
La feuille, réalisée vers 1924, s’intitule Paysage du Midi ; il s’agit plus précisément du Cannet où l’artiste séjourna de nombreuses fois à partir de 1922 avant d’y acheter en 1926 une petite maison qu’il baptisa « Le Bosquet ». Il représenta à plusieurs reprises ce panorama qu’il avait depuis les hauteurs, d’où l’on aperçoit parfois la baie de Cannes et le massif de l’Esterel dans le lointain. Ce dessin vient notamment rejoindre au musée un grand panneau décoratif réalisé en 1927 qui montre une Vue du Cannet selon une composition plus symétrique avec des feuillages répartis de part et d’autre de la toile. Les collections comportent également un dessin de 1935 à la mine de plomb beaucoup plus schématique que celui-ci, mais qui dispose les masses de manière similaire, avec ce palmier sur le côté, et qu’on retrouve, plus tard vers 1940 dans peinture en collection privée1.

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2. Pierre Bonnard (1867-1947)
L’Amandier, vers 1930
Huile sur toile - 51,1 x 34,9 cm
Le Cannet, Musée Bonnard
Photo : Sotheby’s

Ce dessin passé dans une vente d’Artcurial le 20 octobre à Paris a été acquis 13 750 euros (frais compris) par Claude et Hercule-Auguste, chiens d’élite, et par leur maître qui les associe systématiquement à ses dons, notamment à ceux qu’il a faits au Centre Pompidou et au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Bien qu’il soit connu pour ses peintures chatoyantes, Bonnard accordait beaucoup d’importance au dessin qui lui permettait d’avoir un répertoire de formes. « Le dessin c’est la sensation, la peinture c’est le raisonnement » disait-il.

Une autre œuvre est entrée dans les collections du Cannet : L’Amandier en fleurs peint vers 1930 a été donné par la Fondation Meyer qui l’avait acquise dans une vente de Sotheby’s à Londres le 6 févier 2014 pour 355 812 euros (ill. 2).
La toile, qui trahit l’influence du japonisme, traduit ici toutes les nuances de couleurs et avec elles toutes les odeurs du printemps. L’arbre se trouvait dans le jardin du peintre, qui l’a représenté dans un autre tableau plus tardif, considéré d’ailleurs comme sa dernière peinture : les couleurs y sont plus contrastées, le tronc est noir, le ciel plus sombre est d’un bleu violet, le sol d’un jaune-orangé, et les fleurs plus vaporeuses, comme de la neige, si bien qu’on pourrait croire qu’il s’agit d’un paysage d’hiver et non plus de printemps.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mercredi 13 janvier 2016


Notes

1L’œuvre est reproduite dans l’ouvrage d’André Fermigier, Pierre Bonnard, Ars Mundi, page 120.





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