Deux aquarelles d’Arosenius pour Sotckholm


10/03/15 - Acquisitions - Stockholm, Nationalmuseum - Un dragon et une oie aux œufs d’or : deux animaux fantastiques, deux atmosphères différentes traduites par un seul auteur. Ces aquarelles ont été acquises par le Nationalmuseum de Stockholm à la fin de l’année 2014, grâce au Hedda and N.D. Qvist Fund (ill. 1 et 2).


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1. Ivar Arosenius (1878-1909)
Les Puissances du Mal, 1907
Aquarelle - 23 x 31,5 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : C.Heisser/Nationalmuseum
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2. Ivar Arosenius (1878-1909)
L’Oiseau d’or du calife, 1908
Aquarelle -15 x 24,5 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : C.Heisser/Nationalmuseum

Contemporain du célèbre illustrateur suédois Carl Larsson, à qui le Petit Palais a récemment consacré une exposition (voir l’article), Ivar Arosenius représenta lui aussi des enfants et illustra des contes, mais pas seulement : il oscilla entre la poésie et le l’ironie, les charmes de l’enfance et les débordements de l’ivresse, tout en conférant à ses images une tonalité onirique. Son autoportrait de 1906, un brin inquiétant, comporte cette ambiguïté. Comme Larsson, Arosenius séjourna en France, à Paris en 1904 et en 1905 où il exposa au Salon des Indépendants, ainsi qu’en Normandie. Mort à trente ans (il était hémophile), ce peintre et illustrateur produisit de nombreuses aquarelles comme celles-ci, où se mêlent le burlesque et la mélancolie, déclinant les thèmes de la vie et la mort, du Bien et du Mal. Beaucoup sont visibles au musée de sa ville natale à Göteborg. Le Nationalmuseum de Stockholm possède également un grand nombre de ses œuvres depuis l’exposition de 1978.

La premières des deux aquarelles acquises propose une personnification facétieuse des Puissances du Mal : un dragon femelle allaite ses petits, une vingtaine en tout qui tètent, se chamaillent, explorent ce paysage stérile qui les entoure, falaises grises et rochers noirs baignés d’une lumière lunaire. L’un fait ses besoins, l’autre attrape dans sa gueule le premier des trois pasteurs minuscules qui se tiennent en file indienne, mal assurés, un brin penauds, brandissant une croix en guise de défense.
La seconde œuvre est très différente, envahie par une nature exotique et luxuriante. Deux personnages orientaux qui pourraient sortir des Mille et Une Nuits regardent un oiseau en cage. Il s’agit de l’une des nombreuses esquisses conçues par Arosenius en 1908 pour illustrer un conte sans texte intitulé L’Oiseau d’or du calife : un calife avait une oie qui pondait des œufs d’or ; elle s’échappa, fut attrapée par un petit paysan pauvre qui finit par obtenir la main de la princesse et la moitié du royaume...


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 10 mars 2015





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