Deux acquisitions pour le Musée Napoléon Ier de Fontainebleau


30/6/15 - Acquisitions - Fontainebleau, Musée National du Château - Ce sont deux œuvres bien différentes illustrant un sujet assez proche - l’empereur à la chasse - qu’a récemment acquises le château de Fontainebleau pour son musée Napoléon Ier. La première est une tabatière en écaille et en or, décorée sur chacune de ses deux faces d’un dessin tracé à l’encre brune, au lavis et à l’aquarelle. L’un présente un plan assez précis de Fontainebleau, le château, la ville et les abords de la forêt, dont les détails sont cohérents avec la date, 1807, puisque l’aile de Ferrare qui fut abattue en 1808 y est indiquée. L’autre montre une scène de chasse avec Napoléon devant le château, de la Porte dorée du bâtiment à la cour des Offices ; la profondeur de la composition est marquée par trois arbres décharnés non dénués de charme.


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2. Tabatière, 1807
Écaille, bronze doré, encre brune,
lavis et aquarelle sur papier - H. 2,3 cm D. 9,2 cm
Fontainebleau, château, Musée Napoléon
Photo : Musée Napoléon
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1. Tabatière, 1807
Écaille, bronze doré, encre brune,
lavis et aquarelle sur papier - H. 2,3 cm D. 9,2 cm
Fontainebleau, château, Musée Napoléon
Photo : Musée Napoléon

Cet objet a été préempté pour 62 000 euros, avec le soutien du Fonds du Patrimoine, lors de la vente organisée le 19 juin 2015 à Paris par Delorme et Collin du Bocage. Le catalogue de vente attribuait la scène de chasse à Madame Royale, duchesse d’Angoulême (née Marie-Thérèse de France, fille du Louis XVI, nièce de Louis XVIII) ; une proposition assez étrange puisqu’en 1807 la duchesse n’était certainement pas à Fontainebleau avec Napoléon, mais en exil.
On ne connaît pas l’historique de cette tabatière raffinée, sans doute s’agissait-il d’un cadeau fait à l’empereur. Toujours est-il que celui-ci l’a récupérée, pendant les Cent-jours, sur la table de Louis XVIII, au château des Tuileries, le 20 mars 1815 précisément. Il l’emporta avec lui à Sainte-Hélène et la légua au roi de Rome, son fils ; elle passa ensuite à Caroline Murat, elle est restée jusqu’à ce jour dans la famille. Elle est décrite dans les mémoires de Louis Joseph Marchand, valet de chambre de l’empereur et son exécuteur testamentaire.

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3. Nicolas Antoine Taunay (1755-1830)
Entrevue de Napoloén Ier et Pie VII à Fontainebleau, 1804-1806
Huile sur bois - 20 x 21,4 cm
Fontainebleau, château, Musée Napoléon
Photo : Galerie Vittet

Autre acquisition récente : un tableau de Nicolas-Antoine Taunay acheté à la galerie Claude Vittet (Paris), représente l’Entrevue de Napoléon Ier et Pie VII à Fontainebleau. La confrontation de l’empereur et du pape a fait d’ailleurs l’objet d’une belle exposition qui vient de se terminer (voir l’article).
L’œuvre appartint à Vivant Denon, il s’agit d’une esquisse qui n’est préparatoire à aucune oeuvre achevée, puisque le directeur général des musées, malgré son affection pour Taunay, confia la commande à Jean-Louis Demarne et Alexandre-Hyacinthe Dunouy, auteurs d’un tableau qui se trouve aujourd’hui au musée de Fontainebleau. Les peintures de Taunay et de Demarne et Dunouy racontent la rencontre faussement fortuite de Napoléon et de Pie VII le 25 novembre 1804, dans la forêt de Fontainebleau, au lieu-dit la Croix de Saint-Hérem. Napoléon, empereur des Français depuis le 18 mai 1804, convainquit le pape de venir à Paris pour son sacre. À l’arrivée de celui-ci, il fit en sorte de le croiser par hasard lors d’une chasse, afin de ne pas accorder trop d’égards au pontife.
La comparaison des deux peintures est d’ailleurs intéressante. Demarne et Dunouy traduisent un rapport de force : le pape est montré légèrement voûté devant l’empereur, tandis que les cardinaux inclinent la tête et l’obélisque est couronné de l’aigle. Taunay atténue la rivalité en représentant Napoléon et Pie VII qui s’embrassent, centrant sa composition sur l’obélisque d’où l’aigle est absent.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 30 juin 2015





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