Deux achats du Louvre au Salon du Dessin


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Jacob Matham (1571-1631)
Martyre d’un saint
Sanguine, pierre noire,
rehauts de blanc - 32,7 x 26,6 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Galerie Jean-Luc Baroni

4/4/14 - Acquisitions - Paris, Musée du Louvre - Très actif dans les ventes aux enchères qui se sont déroulées pendant la semaine du dessin, le département des Arts Graphiques du Louvre a également acquis deux œuvres au Salon du Dessin.

Le premier dessin (ill. 1) a été acquis chez Jean-Luc Baroni. Il est dû à Jacob Matham, artiste haarlemois gendre d’Hendrick Goltzius, qui représente le martyre d’un saint non identifié, auquel on vient de couper la tête. Dessinateur et graveur (il traduisit dans cette technique de nombreuses œuvres de son beau-père), Matham fit le voyage d’Italie entre 1593 et 1597. La feuille est datable de ces années là et utilise un mélange de sanguine et de pierre noire rare dans les pays nordiques mais fréquent en Italie. Les premiers dessins connus de cet artiste sont d’ailleurs exécutés dans cette technique. Le déhanchement des protagonistes, notamment le soldat de gauche et celui au premier plan, tenant un bouclier et montrant le martyre du doigt, est typique du maniérisme. Le style est assez proche de l’art florentin notamment de Giovanni Biliverti.
Le département des Arts Graphiques conservait déjà de nombreuses estampes de Matham dans le fonds Rothschild mais seulement deux dessins : un paysage et une scène religieuse, La Vierge à l’enfant avec une sainte.

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Johann Esaias Nilson (1721-1788)
Néron et Sénèque dans un encadrement rocaille
Plume, encre de chine, lavis gris - 26,8 x 17,9 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Galerie Paul Prouté

L’autre feuille (ill. 2), achetée chez la galerie Paul Prouté, est publiée dans leur catalogue Architecture & Ornement dont nous parlions dans notre recension du Salon. Il s’agit d’un dessin augsbourgeois du XVIIIe siècle par Johann Esaias Nilson, artiste spécialisé dans les dessins préparatoires à des gravures. On y voit Sénèque, les yeux bandés, auquel on est en train d’ouvrir les veines ; cette scène est inscrite dans un encadrement rocaille dans lequel s’inscrit, au premier plan, Néron qui montre du doigt le philosophe qu’il vient de pousser au suicide. Le tout est surmonté d’une figure de la Prudence1, vertu stoïcienne, tenant ses attributs : un miroir et un serpent. Ce dessin a donné lieu à une gravure publiée par Johann Georg Hertel dans un recueil de douze scènes allégoriques et historiques. Si le fonds Edmond de Rothschild comprend des estampes de Nilson, le Louvre ne conservait encore aucun de ses dessins.

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Didier Rykner, vendredi 4 avril 2014


Notes

1Et non la Justice comme le dit par erreur la notice.





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