Dessins italiens du Städel exposés à la Fondation Custodia


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1. Sebastiano del Piombo (vers 1485-1587)
Étude pour la Résurrection de Lazare, vers 1517/18
Pierre noire et rehauts de blanc - 28,2 x 22,8 cm
Francfort, Städel Museum
Photo : Städel Museum

12/5/15 - Exposition - Paris, Fondation Custodia - La Fondation Custodia ne s’arrête jamais. Menant une politique d’acquisitions remarquable (nous espérons bientôt pouvoir y revenir longuement), elle enchaîne les expositions de dessins, toutes plus remarquables les unes que les autres et permettant de découvrir des collections souvent jamais vues en France.

Après la fondation P. et N. de Boer en début d’année (voir l’article), c’est au tour d’un grand musée allemand, le Städel Museum de Francfort, de prêter à l’institution parisienne ses plus belles feuilles italiennes. Si les feuilles datent des XVe et XVIe siècles, ce dernier se taille, et de loin, la part du lion.
Pour le XVe siècle, les dessins sont essentiellement anonymes ou gravitant dans l’orbite d’un grand maître, à l’exception d’une feuille par Marco Zoppo, d’une autre par Timoteo Viti (dont on ne comprend d’ailleurs pas pourquoi elle n’est pas classée dans la deuxième partie du catalogue, à côté de Raphaël) et d’une feuille d’études d’un jeune homme par Filippino Lippi. Certaines de ces œuvres encore à la recherche d’un auteur sont cependant de très belle qualité, tel un « entourage de Perugin (Berto di Giovanni ?) » représentant Le Baptême du Christ).


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2. Raffaello Sanzio, dit Raphaël (1483-1520)
Vierge à l’enfant avec saint
Nicolas de Tolentino
, vers 1502/04
Plume et encre brune - 23,3 x 15,4 cm
Francfort, Städel Museum
Photo : Städel Museum
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3. Agnolo Allori, dit Bronzino (1503-1572)
Étude pour le plafond de la chapelle
d’Éléonore de Tolède
, vers 1539/40
Plume et encre grise, lavis brun, rehauts
de blanc, pierre noire - 35,5 x 26,1 cm
Francfort, Städel Museum
Photo : Städel Museum

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4. Jacopo Ligozzi (vers 1547-1627)
Angelot avec un rameau de laurier et
un phylactère
, vers 1502/04
Plume et encre brune, lavis brun,
rehauts d’or - 23,3 x 15,4 cm
Francfort, Städel Museum
Photo : Städel Museum

Mais le cœur de cette exposition est constitué des dessins du XVIe siècle. Tout n’est d’ailleurs pas dans le titre qui aurait pu rajouter encore d’autres artistes : Corrège, Bronzino, Parmigianino, Véronèse... La plupart des grands noms sont là, à l’exception toutefois de Barocci1.
Mais davantage que les noms, c’est la beauté des feuilles qu’il faut retenir ici : uniquement des chefs-d’œuvre ou presque. On se contentera d’en signaler quelques-uns qui devraient donner envie au lecteur d’aller voir sur place. Chef-d’œuvre, cette étude pour la résurrection de Lazare par Sebastiano del Piombo (ill. 1). Chef-d’œuvre ce dessin préparatoire de Raphaël pour la « Madonna Ansidei » (ill. 2). Chef-d’œuvre encore ce Bronzino sur papier bleu pour le plafond de la chapelle d’Éléonore de Tolède au Palazzo Vecchio (ill. 3).

On pourrait pratiquement citer dans cet article tous les dessins présentés, ce qui ne facilite pas notre tâche de commentateur d’autant qu’exceptionnellement et faute de temps, nous n’avons pu lire le catalogue publié uniquement en allemand. Signalons tout de même que chaque œuvre y est longuement étudiée grâce à de longues notices. Et terminons sur un artiste que nous apprécions particulièrement, Jacopo Ligozzi, et son angelot rehaussé d’or (ill. 4).

Commissaires : Joachim Jacoby et Ger Luijten.


Joachim Jacoby, Raffael bis Tizian. Italienische Zeichnungen aus dem Städel Museum, 2014, Michael Imhof Verlag, Petersberg, 303 p., 34,90 €. ISBN : 9783941399389.


Informations pratiques : « Raphaël, Titien, Michel-Ange
Dessins italiens du Städel Museum de Francfort (1430-1600) », Fondation Custodia / Collection Frits Lugt, 121 rue de Lille, 75007 Paris. Tél : +33 (0)1 47 05 75 19. Ouvert tous les jours sauf le lundi, de 12 h à 18 h. Tarif : 6 € (réduit : 4 €).
Site de la Fondation Custodia.


Didier Rykner, mardi 12 mai 2015


Notes

1En revanche, contrairement à ce que nous avions trop vite écrit, il y a bien un dessin de Tintoretto. Merci à Benjamin Couilleaux de nous l’avoir signalé.





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