Des dessins de Naigeon acquis par plusieurs musées


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1. Jean-Claude Naigeon (1753-1832)
Etude de prophète
Pierre noire et craie blanche - 58,5 x 44 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Galerie Nathalie Motte Masselinck

7/6/12 - Acquisitions - Louvre, Ensba et National Gallery de Washington - Nous avions, en son temps, parlé de l’exposition de dessins de Jean-Claude Naigeon organisée par la galerie Nathalie Motte Masselinck. Elle constituait pour beaucoup une véritable découverte d’un artiste néoclassique originaire de Dijon. Les feuilles présentées provenaient directement de ses descendants. Plusieurs musées en ont acheté.
L’un est un musée de province qui a acquis pas moins de douze œuvres, mais nous ne pourrons en parler immédiatement puisque cet enrichissement ne sera entièrement validé qu’après la réunion de la commission régionale des acquisitions (même s’il s’agit en principe d’une formalité). Les autres acheteurs sont le Louvre, l’École nationale supérieure des Beaux-Arts et la National Gallery de Washington.

Les dessins choisis par le Louvre, dans deux genres différents, faisaient partie des plus beaux de l’exposition. Le premier est une Étude de prophète (ill. 1). On ne sait exactement ce qu’est ce prophète, ni quelle composition il prépare. Nul doute qu’une étude plus approfondie de l’œuvre de Naigeon permettra de répondre à cette question, à moins qu’il ne s’agisse que d’un exercice sans rapport direct avec une peinture. On admirera la monumentalité de cette figure et la qualité des drapés et des reflets de lumière qui les animent.

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2. Jean-Claude Naigeon (1753-1832)
Oreste harcelé par les Érinyes
Plume et encre brune, lavis gris - 30 x 44,5 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Galerie Nathalie Motte Masselinck

La seconde feuille acquise par le Louvre est une étude d’ensemble à la plume et au lavis pour une scène mythologique qui n’a d’ailleurs peut-être pas été peinte : Oreste harcelé par les Érinyes (ill. 2). Comme on le lit dans le catalogue édité par la galerie, le style comme le caractère violent et exacerbé de cette scène peut faire penser à des anglais tels que Blake ou Flaxman. La technique de Naigeon dans cette œuvre évoque aussi des artistes français comme Philippe-Auguste Hennequin qui peignit d’ailleurs le même sujet dans un tableau conservé au Louvre.

L’Ensba a, pour sa part, acheté une grande composition représentant Orphée charmant Pluton et Proserpine aux Enfers (ill. 3). Si la scène centrale est d’une facture très classique, les damnés, sous la garde de Cerbère, qui peuplent la périphérie de la feuille, sont d’une inspiration beaucoup plus proche de l’œuvre précédente.


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3. Jean-Claude Naigeon (1753-1832)
Orphée charmant Pluton et Proserpine aux Enfers
Plume et encre brune, lavis gris - 45 x 61,2 cm
Paris, Ecole nationale supérieur des beaux-arts
Photo : Galerie Nathalie Motte Masselinck
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4. Jean-Claude Naigeon (1753-1832)
Timoléon et les habitants de Syracuse
Pierre noire - 28,5 x 39,2 cm
Washington, National Gallery of Art
Photo : Galerie Nathalie Motte Masselinck

Enfin, un musée américain, la National Gallery de Washington, s’est enrichi d’un dessin à la pierre noire : Timoléon et les habitants de Syracuse (ill. 4). Le geste de Timoléon pointant son doigt vers le ciel, alors que les Syracusains viennent le remercier pour avoir ramené la démocratie, rappelle celui de Socrate dans La mort de Socrate de David. En 1780 - sept ans donc avant David - Naigeon avait d’ailleurs peint une Mort de Socrate aujourd’hui conservée au Musée des Beaux-Arts de Nancy.

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Didier Rykner, jeudi 7 juin 2012





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