Des dessins d’Andrea Lilio exposés à Paris


22/12/16 - Marché de l’art - Paris et Acquisition - Washington, National Gallery - Si l’exposition devait se terminer le 23 décembre (demain donc), elle sera prolongée au début de l’année au moins jusqu’au 20 janvier. Nous conseillons, en tout cas aux amateurs de dessins italiens, d’aller voir pas moins de quatorze dessins d’Andrea Lilio (dont cinq sont hors catalogue) et quelques feuilles supplémentaires d’artistes de l’école des Marches de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle.


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1. Andrea Lilio (vers 1565-après 1635)
Saint Jérôme et saint Jacques de la Marche dans un paysage
Pierre noire, sanguine, plume et encre brune - 23,4 x 23 cm
Chez Nicolas Schwed
Photo : Nicolas Schwed
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2. Andrea Lilio (vers 1565-après 1635)
Saint Charles Borromée, saint Jérôme et saint Jacques
de la Marche dans un paysage

Pierre noire, sanguine, plume
et encre brune, lavis brun - 23,1 x 26,5 cm
Chez Nicolas Schwed
Photo : Nicolas Schwed
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S’il est surtout connu des spécialistes, Andrea Lilio (parfois dénommé Andrea Lilli, ou Andrea d’Ancona) est un excellent peintre et dessinateur, dont la carrière se partagea entre sa ville natale Ancône et Rome où il peignit de nombreux décors, notamment au Vatican et à la basilique Saint-Jean-de-Latran. Nicolas Schwed, qui avait publié un article sur lui dans le Bulletin des Historiens de l’Art Italien1, signale la proximité de style de ses peintures, au début de sa carrière avec celui de Ferrau Fenzoni2. À la différence de ce dernier dont la manière n’évolua guère, Lilio se renouvela, marqué notamment par les carrachesques et par Barocci. Pour Schwed : « Lilli fait preuve d’une inventivité et d’une qualité d’exécution bien supérieures à Fenzoni.3 »
Si ce dernier fut un dessinateur abondant, il n’en va pas de même pour Lilio dont les dessins conservés sont plus rares (on en connaît moins d’une centaine). En réunir autant d’un coup est donc un véritable exploit. Parmi ceux-ci, nous reproduisons ici deux feuilles d’étude pour la partie inférieure d’un même tableau encore conservé in situ à San Francesco alle Scale à Ancône. On voit, dans le premier, saint Jérôme et saint Jacques de la Marche dans un paysage (ill. 1), tandis que le second (ill. 2) compte en plus saint Charles Borromée qui sera également présent dans la composition finale. La seconde feuille montre des caractéristiques très fréquentes chez Lilio : l’usage de la plume et du lavis, et une manière très particulière de revenir de nombreuses fois sur certaines parties du dessin pour multiplier les recherches de position, rendant parfois ces parties illisibles, comme c’est le cas ici de la tête de saint Jérôme.


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3. Andrea Lilio (vers 1565-après 1635)
Saint Jérôme et saint Jacques
de la Marche dans un paysage

Pierre noire, sanguine, plume et
encre brune et grise - 25,9 x 20,4 cm
Washington, National Gallery of Art
Photo : Nicolas Schwed
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Signalons enfin que la National Gallery de Washington - l’un des musées américains les plus actifs dans les acquisitions de dessin, a acheté dans cette exposition une Adoration des bergers (ill. 3) qui présente la même particularité, certaines têtes, comme celle du personnage agenouillé à côté du bœuf, étant formées de multiples essais qui en brouillent la lecture.

L’exposition (Dessins d’Andrea Lilio et de l’école des Marches) a lieu au 346 rue Saint-Honoré, 75001 Paris, 2ème étage. Jusqu’au 23 décembre et du 2 au 20 janvier. Du lundi au samedi de 9 h 30 à 13 h et de 14 h 30 à 18 h, et sur rendez-vous. Catalogue.


Didier Rykner, jeudi 22 décembre 2016


Notes

1Nicolas Schwed, « Commentaires et additions au catalogue d’Andrea Lilio, dit Andrea d’Ancona », Bulletin de l’association des historiens de l’Art italien, 2007, 13, pp. 57-70.

2Notons que Nicolas Schwed est également co-auteur du catalogue raisonné de Fenzoni.

3Nicolas Schwed, op. cit., p. 58.





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