Delacroix par Fielding, Fielding par Delacroix


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1. Eugène Delacroix (1798-1863)
Portrait de Thales Fielding, vers 1825
Huile sur toile - 32,3 x 24,8 cm
Paris, Musée Eugène Delacroix
Photo : Louvre / H. Brejat

9/5/09 – Acquisitions – Paris, Musée Delacroix – Le Musée Delacroix, désormais une annexe du Louvre, a fait l’acquisition auprès de la Galerie Wildenstein à New York d’une paire de tableaux représentant respectivement le peintre anglais Thales Fielding et Eugène Delacroix, chacun ayant représenté l’autre (ill. 1 et 2).
Le portraitiste Théodore Notlan Fielding eut cinq fils qui tous furent artistes : Théodore Henry, Frederick Raffael, Copley, Thales et Newton. Copley exposa trois huiles sur toile et six aquarelles au Salon parisien de 1824, où il reçut une médaille d’or, et Newton fut professeur de dessin des enfants de Louis-Philippe. Delacroix parle souvent des Fielding dans son journal, notamment de Thales. Ce dernier avait également exposé au Salon de 1824 : un paysage (Moulin près la barrière de Paris), un cadre contenant des aquarelles, sans plus de précision, et une autre aquarelle représentant Macbeth rencontrant les sorcières sur la bruyère, un sujet qui dut plaire à Delacroix. En 1824, Thales Fielding regagna Londres et prêta son atelier parisien au peintre français. En 1825, il convainquit ce dernier de voyager en Angleterre et le guida lors de son séjour londonien.

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2. Thomas Fielding (1793-1837)
Portrait d’Eugène Delacroix, vers 1825
Huile sur toile - 34,3 x 27,3 cm
Paris, Musée Eugène Delacroix
Photo : Louvre / H. Brejat

Si l’œuvre de Thales Fielding est mal connue (Copley fut le plus célèbre des cinq frères), la qualité du portrait qu’il fit de Delacroix est tout à fait frappante et n’est pas indigne de son faux pendant. Il s’agit d’un exercice amical, chaque artiste peignant son ami pour en garder le souvenir. Les deux toiles eurent des destins différents : Delacroix conserva toute sa vie le portrait de Fielding qui fut décrit dans le catalogue de sa vente après décès. Fielding exposa l’effigie de Delacroix à la Royal Academy en 1827 et ajouta sur la toile, en 1831, la légion d’honneur que le peintre français venait de recevoir.
Il faut rendre hommage à la galerie qui a réussi à réunir ces deux œuvres, comme au musée qui a su les acquérir. Bien que ces toiles, de tailles comparables, ne fussent pas conçues réellement comme des pendants, leur exposition côte à côte au musée Delacroix possède un véritable sens1, d’autant qu’elles viennent rejoindre un autre portrait, Le jeune homme coiffé d’un béret bleu, qu’on pense aujourd’hui être celui du frère de Thales, Copley Fielding. Une interrogation de la base D’Outre-Manche, qui répertorie les œuvres des artistes anglais dans les collections publiques françaises (voir brève du 3/12/08), ne donne pour Thales Fielding qu’un résultat : une aquarelle conservée au Musée Magnin, à Dijon, Composition bucolique inspirée de Virgile.

Le musée Delacroix, à l’occasion de ces acquisitions, montre des tableaux britanniques prêtées par le Louvre (plusieurs paysages de Constable, l’essentiel de ses Bonington, ainsi que des toiles de Etty, Landseer ou Lawrence). Cela permet de voir ces œuvres qui, de toute façon, ne sont plus exposées actuellement dans leur musée après que la Salle des Sept Cheminées a été récupérée par le département des Antiquités Grecques et Romaines et en attendant l’ouverture, toujours retardée, des salles de peinture anglaise.

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Didier Rykner, samedi 9 mai 2009


Notes

1Notons qu’elles furent présentées ensemble pour la première fois à l’exposition Crossing the Channel, en 2003, à Londres et à New York (voir l’article).





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