Début de la restauration des façades et des toitures d’Azay-le-Rideau


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1. Château d’Azay-le-Rideau
(échafaudages en cours de montage)
Photo : Didier Rykner

13/4/15 - Restauration - Azay-le-Rideau, château - Les échafaudages sont en cours d’installation : le château d’Azay-le-Rideau se prépare pour un chantier important qui concernera ses façades et ses toitures. Les premières seront entièrement nettoyées et restaurées, tandis que la couverture d’ardoise sera entièrement changée.

Si les restaurations de monuments historiques sont parfois discutables (nettoyages trop poussés, remplacement inutile de pierres, restitutions d’éléments ayant disparu depuis longtemps…), la manière dont ces travaux sont abordés par le maître d’ouvrage, le Centre des Monuments Nationaux, semble très raisonnable et bien loin des débordements auxquels nous assistons trop souvent. Conserver les éléments sculptés en les nettoyant prudemment, ne remplacer les pierres qu’avec parcimonie, rechercher les ardoises les plus proches possibles de celles de la région, sachant que les carrières d’où ces dernières étaient extraites sont désormais fermées…
On sait désormais que les faitages de plomb étaient recouverts à l’origine d’un décor peint dont on distingue les vestiges : une frise figurant des motifs de décors à volutes, des figures d’hommes, des têtes d’animaux, des décors d’écus et de feuillages. Depuis le sol, les couleurs faites de pigments d’ocre, de rouge et de noir ne sont presque plus visible. Il n’est cependant pas question de les reconstituer, ce qui serait purement spéculatif. Soit ces faitages seront conservés in situ, si cela est possible, soit ils seront ponctuellement ou partiellement remplacés, les originaux étant soigneusement gardés et pouvant être exposés.

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2. Charpente du château d’Azay-le-Rideau
Photo : Didier Rykner

La charpente d’origine, dans un état remarquable, restera telle quelle, à l’exception de quelques petites pièces de la base, trop dégradées, qui seront remplacées. Bref, une restauration prudente qui respecte vraiment la charte de Venise et va jusqu’à prendre en compte la nidification des chauves-souris protégées qui habitent les combles du bâtiment.
Si l’on ajoute que les échafaudages ne seront pas recouverts de bâches (et encore moins de bâches publicitaires), ce qui permettra de voir en partie les façades même pendant les travaux, on peut espérer une opération vraiment exemplaire, au moins dans les intentions. Ce chantier, dont le maître d’œuvre est l’architecte en chef des monuments historiques Arnaud de Saint-Jouan, durera près de trois ans pour se terminer fin 2017. Le château restera ouvert aux visites pendant tous les travaux.
Parallèlement, une opération de remeublement du rez-de-chaussée, dans un esprit proche de celui de ses précédents propriétaires, la famille Biencourt, sera menée en collaboration avec le Mobilier National qui devrait y déposer des meubles.

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3. La chambre dite « Renaissance »
Château d’Azay-le-Rideau
Photo : Didier Rykner

Signalons tout de même que le château, il y a trois ans, a reconstitué une chambre du XVIe siècle selon des principes absolument inverses à ceux qui prévalent aujourd’hui à la restauration de l’extérieur. Sous prétexte que les murs de certaines pièces des châteaux de l’époque étaient parfois couverts de nattes de joncs, cette chambre s’est vue affublée d’un décor de ce type. Inutile de préciser que les motifs sont totalement imaginaires. Le savoir-faire s’étant largement perdu, cette natte a été faite en Angleterre par la maison Rushmatters. On n’ose imaginer le prix d’une telle reconstitution. Lorsqu’on lit le communiqué de presse du 15 février 2013, on apprend que celle-ci « confère à cette chambre une dimension à la hauteur de la restauration/restitution du lit Renaissance, réalisée en 2012 ». Nous confirmons : l’un est aussi kitsch que l’autre. C’est bien simple, on se croirait à Versailles… à une nuance près, qui n’est pas mince cependant : à Azay au moins, on annonce la couleur et on ne fait pas croire qu’on est devant des décors ou des meubles authentiques, tout est expliqué sur des cartels.

Espérons que les principes qui président à la restauration extérieure seront aussi, à l’avenir, suivis à l’intérieur. Mieux vaut acheter des tableaux anciens pour décorer les murs, comme celui récemment acquis (voir la brève du 27/2/09) qui se trouve désormais dans la « chambre Renaissance », que de dépenser un argent devenu rare à des reconstitutions douteuses.


Didier Rykner, lundi 13 avril 2015





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