De Watteau à Fragonard. Les fêtes galantes Contenu abonnés


Paris, Musée Jacquemart-André, du 14 mars au 21 juillet 2014.

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1. Jean-Antoine Watteau (1684-1721)
La Conversation, 1712-1713
Huile sur toile - 50,2 x 61 cm
Tolède, Toledo Museum of Art
Photo : Toledo Museum of Art

Dix ans après l’exposition que lui avait consacré Patrick Ramade à Valenciennes et à rebours de ses dernières expositions1, le musée Jacquemart-André, résidence de ces deux collectionneurs éclectiques, propose une plaisante évocation des Fêtes Galantes qui correspond pleinement au goût pour le XVIIIe siècle français que partageaient leurs contemporains, les Goncourt, les La Caze, Cognaq, et tant d’autres amateurs et, pour certains, donateurs de la seconde moitié du XIXe siècle. La notion de « fête galante »2 étant un concept qui peut, comme une ombrelle, abriter différentes approches, différentes manières, l’exposition comme le catalogue, rédigé par un des meilleurs connaisseurs de Watteau et de ses épigones3, assisté d’une spécialiste de cette peinture dans la seconde moitié du siècle, s’efforcent, tout en restant accessibles au plus grand nombre, de dépasser ce qui est devenu un lieu commun et d’illustrer l’évolution du genre.

Précisons tout de suite qu’il n’est pas question pour nous de discuter, dans ce compte-rendu, de l’approche et l’interprétation des œuvres de Watteau qui est donnée dans le catalogue, la littérature sur ce sujet est incommensurable. Mais il n’était peut-être pas besoin, même si c’est pour les démentir, d’évoquer encore une fois les hypothèses de rapprochement de tableaux du peintre avec des pièces ou des spectacles du temps, car ces tentatives ne servent qu’à limiter notre imaginaire et restreindre ce que fut sa création. Il est assez évident que le rapport de Watteau au théâtre imprègne, de façon aussi légère que son pinceau, mais aussi profonde que ce qui est aujourd’hui estompé, une large partie de ses œuvres. Il est tout aussi évident que certaines de ses peintures, qui représentent de véritables mises en scène de théâtre (comme les tableaux de Berlin ou de New-York), constituent avant tout des hommages à cet art bien plus que des illustrations factuelles.


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2. Jean-Antoine Watteau (1684-1721)
La Leçon d’Amour, 1716
Huile sur toile - 44 × 61 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Stockholm, Nationalmuseum
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3. Jean-Antoine Watteau (1684-1721)
La Proposition embarrassante, 1715 ou 1716
Huile sur toile - 64 × 84,5 cm
Saint-Pétersbourg, Musée de l’Ermitage
Photo : Musée de l’Ermitage

La première réussite de cette exposition est d’avoir su rappeler, en quelques tableaux et dessins, et sans les grands chefs-d’œuvre connus de tous4, l’éclectisme de Watteau. Mais, malgré les talents bien réels de Lancret ou de Pater, elle fait d’autant plus ressortir les limites créatives, le manque d’imagination de ses héritiers immédiats. Si les organisateurs ont su assez bien se jouer des espaces d’exposition du musée, assez restreints, par un choix plutôt judicieux5, le catalogue, agréable à consulter, et dont chaque partie, en plus des essais, s’ouvre par une synthèse…

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