De nouveaux locaux pour les élèves restaurateurs de l’INP


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1. Locaux du département des
restaurateurs de l’INP
à Aubervilliers.
Au fond, cheminée
(vient d’être restaurée,
il reste des échafaudages)
Photo : Didier Rykner

12/4/15 - Restauration - Aubervilliers, Institut National du Patrimoine - Naguère installé dans des locaux à Saint-Denis, le département des restaurateurs de l’Institut National du Patrimoine a déménagé, au début de 2015, dans un nouveau lieu à Aubervilliers. Nous ne connaissions pas les précédents locaux, mais les nouveaux, une ancienne manufacture d’allumettes, sont très beaux (ill. 1).

Cette manufacture est un ensemble d’architecture industrielle datant du début du XXe siècle. Si seule la cheminée est inscrite (depuis 2005) - et vient d’ailleurs d’être restaurée -, le reste des bâtiments se situant de part et d’autre de l’allée centrale qui y mène mériterait également de l’être. Sur la gauche ont été installés les ateliers correspondant aux sept spécialités auxquelles sont formés les étudiants : peinture, sculpture, arts du feu, arts graphiques et livre, textiles, photographie, mobilier (ill. 2), ainsi qu’un studio photo et des réserves ; sur la droite, on trouve des salles de cours, la bibliothèque et le laboratoire (ill. 3).
Nous avons pu parler avec certains étudiants qui faisaient visiter leurs ateliers : ils nous ont confirmé que les locaux étaient particulièrement pratiques d’autant qu’ils se trouvent aujourd’hui tous sur un même niveau, contrairement aux précédents, ce qui facilite les échanges entre les élèves des différentes spécialités.


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2. Atelier du mobilier
Département des restaurateurs de l’INP
Photo : Didier Rykner
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3. Le laboratoire du département des restaurateurs
de l’INP
Photo : Didier Rykner

Dans l’atelier des peintures, nous avons pu voir en cours de restauration une intéressante copie d’après Orazio Gentileschi, Loth et ses filles appartenant au Musée de l’Assistance Publique, que l’on trouve sur le répertoire des tableaux italiens de l’INHA1. Rappelons à cette occasion que ce musée est désormais entièrement conservé en réserves. Alors que l’hôtel de Miramion qui l’abritait a été vendu à Xavier Niel, son installation prévue dans l’Hôtel-Dieu semble pour l’instant fortement remise en question puisqu’il n’en est plus du tout question dans les différents articles publiés récemment sur la transformation de ce bâtiment2.


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4. Vierge du XVe siècle du Musée
Saint-Croix à Poitiers en cours
de traitement par UV-C
(hauteur : environ 100 cm)
Photo : Didier Rykner
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5. Visage de la Vierge reproduite en ill. 4, avec
l’enfant, en deux fragments.
Ces fragments sont traités séparément avant
d’être réintégrés à la sculpture
Photo : Didier Rykner

Dans l’atelier des sculptures, nous avons pu admirer notamment une Vierge à l’enfant en pierre calcaire de la fin du XVe siècle, appartenant au Musée Sainte-Croix de Poitiers auquel elle a été offerte en 2013 (nous n’avions pas parlé de cette acquisition). Selon Pascal Faracci, directeur du musée, cette statue provient de l’ancienne abbaye Saint-Cyprien de Poitiers. L’artiste pourrait être originaire du Bourbonnais ou du Val-de-Loire, mais tout ceci reste encore à préciser3.
L’œuvre, lors de notre visite, était insérée dans une boite où elle devait bénéficier d’un traitement à base de rayonnement UV-C permettant d’éliminer certains micro-organismes (ill. 4). L’analyse et la restauration de cette œuvre constituent le sujet du mémoire de cinquième année d’une étudiante4, comme pour les arts graphiques un fragment de papier peint du XVIIIe siècle appartenant au Musée des Arts Décoratifs de Paris. Signalons que les œuvres des collections publiques restaurées par les étudiants et leurs professeurs pendant leur scolarité le sont à titre gratuit.

Cette visite nous a particulièrement impressionné : les locaux sont remarquablement tenus, extrêmement bien équipés, tout comme le laboratoire. Les étudiants et les professeurs semblent passionnés : la formation donnée à ces futurs restaurateurs a une excellente réputation qui ne semble pas usurpée.


Didier Rykner, mardi 12 mai 2015


Notes

1Comme nous l’a fait remarquer à juste titre Nathalie Volle, et contrairement à ce que nous avions écrit dans un premier temps, faute de l’avoir trouvé (note du 9/6/15).

2Cela nous incite donc à nous interroger sur la réouverture de ce musée scandaleusement fermé par Roselyne Bachelot lorsqu’elle était ministre de la Santé. Nous y reviendrons bientôt

3Si un lecteur a une idée à ce sujet, qu’il n’hésite pas à nous la signaler.

4Il s’agit de Camille Devilliers, le professeur de l’INP étant Juliette Lévy.





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