D’un regard l’autre. Histoire des regards européens sur l’Afrique, l’Amérique et l’Océanie Contenu abonnés


Paris, Musée du Quai Branly. Du 18 septembre 2006 au 21 janvier 2007.

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Jean-Antoine Gros (1771-1835)
Tête de Noir
Huile sur toile - 47,8 x 39,8 cm
Paris, Musée du Quai Branly
© Musée du Quai Branly / Patrick Gries
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Nous autres, modernes présomptueux ou repentants, n’avons inventé ni l’altérité, ni le goût, ni même le respect des arts dits premiers. Parlons plutôt d’un long processus historique, qu’on ne saurait confondre avec la reconnaissance récente de la relativité des cultures par les institutions françaises. Et le musée du Quai Branly n’est pas, comme on le lit et l’entend partout, la revanche des peuples opprimés et des mémoires niées par l’arrogance occidentale. Pour sortir des simplifications propres au manichéisme bon teint, il était utile et urgent de rappeler que, malgré l’expansion coloniale et les apories inévitables du dialogue inter-culturel, l’Europe ne fut pas seulement un vaste cabinet de curiosités avant que l’ethnographie moderne n’y mette bon ordre. Une sorte de cirque Barnum qui aurait relégué les indices et traces du monde primitif au rang de naturalia distrayantes. D’un regard l’autre devrait être l’occasion d’une prise de conscience plus nuancée que le prêt-à-penser post-colonial. Même si l’on s’en tient au périmètre de l’exposition, de l’Afrique à l’Océanie, et à sa chronologie, du XVIe siècle à nos jours, il apparaît clairement que « les approches successives occidentales des cultures extra-européennes » (Yves Le Fur) dessinent un paysage plus ancien et varié qu’on ne le croit. Près d’un millier d’objets et d’images ont donc été rassemblés au rez-de-chaussée du nouveau musée. Vaste espace de déambulation, lumière claire, pédagogie apparente : ceux qui n’ont pas aimé la « scénographie d’aquarium » des collections permanentes seront satisfaits.
De cette abondance jamais lassante, preuve que la collecte massive va rapidement devenir la règle en Occident, on ne pourra ici donner qu’un trop bref aperçu. Le parcours dégage cinq grandes sections. Les années 1500-1760 voient se…

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