Courrier reçu de Paul Chemetov en réponse à l’article de Gilles Plum sur l’aménagement de la gare d’Amiens


L’article intitulé : « L’œuvre de Perret à Amiens, le Grand Palais : existe-t-il encore une politique de mise en valeur du Patrimoine ? » de Gilles Plum, Docteur en histoire de l’art, mis en ligne le 24 mars 2008 sur le site La Tribune de l’Art à la rubrique Débats, me met en cause. Je n’ai rien à retrancher à la citation que vous faites. La ville est faite d’aspects successifs, de coexistences. Sans les désastres de la guerre, jamais la Tour de Perret n’aurait pu être érigée narguant par sa hauteur la flèche de la cathédrale. Il a fallu un demi-siècle aux Amiénois pour s’accommoder de cette œuvre de rupture. Le problème de la verrière et de sa réception est qu’elle apparait en rupture avec le travail de Perret.

Je suis architecte et urbaniste mandataire depuis mai 2002 des études pour le renouvellement urbain du Quartier Amiens Gare la Vallée. Au-delà de la réflexion sur les développements urbains d’une zone beaucoup plus large que la seule Place Fiquet, ma mission consiste à donner un avis sur la compatibilité des projets architecturaux avec le projet d’ensemble qui couvre une centaine d’hectares. On ne peut donc m’attribuer la paternité d’une conception antérieure à cette date qui est de la responsabilité de Claude Vasconi, lauréat du concours organisé à cette fin. Je fus l’un des candidats de cette consultation.

En 2003, une mise en garde contre les conséquences prévisibles de la couverture de la Place Fiquet, suggérant d’alléger les structures et de trouver une solution à l’opacité d’un vitrage horizontal pixellisé a été adressée à son auteur qui a répondu par une fin de non recevoir, fort de l’antériorité de la chose jugée. Il a fallu de nouvelles interventions pour obtenir que la mise en couleur soit au moins conforme au projet d’origine, ce qui n’était pas le cas dans les structures déjà mises en place.

Je vous demande au titre du droit de réponse de publier ma lettre dans votre prochain numéro.

Je vous prie de croire, Monsieur, en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.


Paul Chemetov, samedi 12 avril 2008





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