Conférences de l’Académie royale de peinture et de sculpture, t. II, Les conférences au temps de Guillet de Saint-Georges, 1682-1699 Contenu abonnés


JPEGPrenant la suite des deux premiers volumes publiés en 2006 (voir l’article), le tome II des Conférences de l’Académie royale de peinture et de sculpture couvre la période s’étendant de la nomination de Georges Guillet, dit Guillet de Saint-Georges, comme historiographe de l’Académie à celle de Hardouin-Mansart comme surintendant des Bâtiments du roi et protecteur de l’Académie. L’œuvre de Guillet fut considérable et se développa dans trois domaines bien distincts : la réécriture d’anciennes conférences académiques en vue de poursuivre un travail d’édition laissé inachevé par Félibien ; à partir de 1684, des notices explicatives concernant des morceaux de réception ; et, à partir de 1689, des notices nécrologiques d’anciens académiciens.

Parmi les premiers retours sur d’anciennes conférences, celle que Jean-Baptiste de Champaigne avait prononcée le 1er mars 1670 sur La Peste d’Azdod de Poussin1 devait ainsi faire l’objet d’une nouvelle version, considérablement étendue : lue le 3 juillet 1683, elle comportait une description beaucoup plus précise du tableau de Poussin et intégrait des commentaires critiques sur l’analyse proposée par Champaigne (p. 65-74).
Le 3 juin 1684, Guillet livrait une explication allégorique du morceau de réception réalisé en 1670 par Jacques Friquet de Vauroze, Le roi donnant la paix à l’Europe à Aix-la-Chapelle (p. 114-115). Il s’agissait du premier commentaire d’une série qui devait en comporter soixante-cinq entre 1684 et 1694, mais dont seulement cinq nous sont parvenus. Au début de la période, les œuvres décrites se rapportent, pour la plupart, à l’histoire du roi, dressant un parallèle avec d’autres entreprises similaires, dans le domaine de la médaille ou dans celui de la tapisserie : à l’instar d’un Le Brun retraçant l’histoire du roi à la voûte de la grande galerie de Versailles, Guillet constituait en quelque sorte une galerie imaginaire à partir de morceaux de réception soigneusement choisis pour illustrer le loyalisme de l’Académie et célébrer la gloire du nouveau règne.

Un des commentaires heureusement préservés de Guillet concerne le morceau de réception du sculpteur Jacques Prou, La Peinture et la Sculpture se concertant sur un portrait du roi (p. 205-211) : « Le bas-relief de M. Prou est fait pour célébrer la gloire du roi. Mais, en même temps, les louanges de la sculpture et de la peinture y sont adroitement insinuées et cet art illustre y vante ses talents comme voulant montrer que, pour être propre à vanter un grand mérite, il en faut avoir soi-même et qu’on n’est guère capable de donner des louanges qu’après en avoir reçu » (p. 205). Outre la question capitale des rapports entre l’art et le pouvoir, ce texte revendiquait clairement un statut égal pour les deux disciplines artistiques.
L’intérêt porté par Guillet à la sculpture transparaît aussi dans le choix des artistes auxquels il consacra une notice biographique : comme Christian Michel le note dans son introduction (p. 23), sur les trente textes…

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