Claude Monet Contenu abonnés


Claude Monet (1840-1926), Paris,Galeries nationales du Grand Palais, du 22 septembre 2010 au 24 janvier 2011
Claude Monet, son musée, Paris, Musée Marmottan, du 7 octobre 2010 au 20 février 2011

JPEG - 78.1 ko
1. Claude Monet (1840-1926)
Soleil couchant sur la Seine à Lavacourt, effet d’hiver, 1880
Huile sur toile - 100 x 150 cm
Paris, Musée du Petit Palais
Photo : Didier Rykner
Voir l'image dans sa page

« Comme c’est curieux et quelle coïncidence » dirait le couple Martin de La Cantatrice chauve. Alors que depuis deux ans la RMN et le musée d’Orsay ont annoncé la grande rétrospective Monet, Jacques Taddei, éminent organiste et membre de l’Académie des Beaux-Arts, élu1 à la direction du musée Marmottan à l’automne 2007, propose en même temps que les Galeries nationales du Grand Palais une exposition Claude Monet, son musée où seront offerts au public les 169 toiles et dessins de Monet que conserve le musée. Et par conséquent quelques œuvres demandées pour la rétrospective – Impression, soleil levant, Le Train dans la neige. La Locomotive ou Le Pont de l’Europe – resteront égoïstement à Marmottan2. Que Jacques Taddei défende les intérêts de son musée, rien à redire. Qu’il ne s’associe pas, via quelques prêts justifiés, à l’exposition du Grand Palais, tient de l’abus de pouvoir3 et ne saurait le ranger parmi les grands animateurs culturels, rôle qu’il ambitionne de jouer sur la scène parisienne, sinon internationale. Et ce n’est pas en dénonçant d’un ton hautain voire méprisant « les grandes messes spectaculaires des rétrospectives nationales4 » qu’il convaincra que Marmottan, quelle que belle que soit sa collection, n’est pas un « petit musée » en marge du circuit des grandes institutions mondiales.

JPEG - 111.6 ko
2. Claude Monet (1840-1926)
Le Pavé de Chailly (Forêt de Fontainebleau), vers 1865
Huile sur toile - 43,5 x 59 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : Didier Rykner
Voir l'image dans sa page

Ainsi donc au « Monet entier5 » revendiqué par l’exposition du Grand Palais, le Musée Marmottan oppose « l’intégralité de sa collection Monet, la plus riche au monde ». Disons d’emblée que la visite au Ranelagh ne surprendra pas les habitués des lieux : les toiles ont été redistribuées selon un parcours thématique – « Les caricatures », « Les portraits », « Impression, soleil levant et les premiers paysages », « Les voyages » – qui s’achève au sous-sol avec une fantastique explosion rougeoyante de versions du Pont japonais, de l’Allée de rosiers, du Saule pleureur ou de La Maison vue du jardin. Peut-on pour autant parler d’une exposition avec un projet, un parcours, un fil conducteur ? Assurément, non : il s’agit de montrer toute la collection, un point c’est tout !
Au Grand-Palais c’est une tout autre affaire. Malgré les défections mesquines de Marmottan – fort bien contournées par d’autres toiles explorant les mêmes sujets, tel le merveilleux Soleil couchant sur la Seine, effet d’hiver (ill. 1) du Petit Palais (que l’on redécouvre ainsi) qui parvient à faire oublier l’historique Impression, soleil levant6 – c’est bien un parcours à travers l’œuvre entier de Monet qu’ordonnent autour d’une grande coupure – l’année 1890 au cours de laquelle il acquiert Giverny et s’y…

Pour avoir accès à ce contenu, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous à l’aide de ce formulaire :





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Expositions : Art and the Sublime

Article suivant dans Expositions : Bronzino. Artiste et poète à la cour des Médicis