Chronique Semaine de l’Art n° 29 : Paris et les expositions


Ce texte est la transcription de la chronique de l’émission La Semaine de l’Art n° 29 du 30 octobre 2014. Il est accessible seulement aux abonnés.

La semaine dernière, dans notre chronique malheureusement non enregistrée mais que les abonnés peuvent lire sur le site, nous nous demandions si, comme Anne Hidalgo l’affirme, Paris est bien la capitale des Arts, et nous concluions sur une réponse positive, en dépit, plutôt que grâce à son maire.

Et il est vrai que, si Paris est encore la capitale des arts, c’est peut-être en partie grâce à l’art contemporain même si Londres, New York ou Berlin sont incontestablement beaucoup mieux placés, mais surtout grâce à l’art ancien jusqu’au début du XXe siècle.
Dans aucune autre capitale l’offre d’exposition n’est aussi riche et cette rentrée en témoigne une nouvelle fois, d’autant que ce sont les expositions parfois les moins médiatisées qui sont souvent les plus passionnantes.
Deux d’entre elles méritent particulièrement une visite : redisons un mot de « Saint-Louis » à la Conciergerie, dont nous expliquions déjà la semaine dernière à quel point elle nous semble presque parfaite : un parcours clair et remarquablement muséographié, des œuvres jamais encore montrées, une utilisation intelligente du multimédia, des panneaux de salle et des cartels suffisamment explicatifs, un catalogue excellent en tous points (essais, notices, reproductions…), un discours accessible au grand public qui n’oublie pas les spécialistes (ou le contraire), bref, tout ce que l’on devrait trouver dans une exposition qui se respecte et qui respecte les visiteurs.
Nous avons visité hier, au Musée de l’Armée, « Vu du front » qui montre comment a été représentée la première guerre mondiale. Un sujet fréquent en cette année de commémoration, et une exposition superbe qui témoigne des mêmes qualités, sur un sujet très différent, que celle consacrée à Saint Louis. Là encore, exposition comme catalogue frôlent la perfection.

L’offre parisienne est telle qu’on ne sait réellement où donner de la tête : à Beaubourg, Marcel Duchamp, au Musée d’art moderne de la Ville de Paris Sonia Delaunay, Hokusai au Grand Palais, Émile Bernard au Musée de l’Orangerie, Paul Durand-Ruel au Musée du Luxembourg, la Fabrique du Romantisme au Musée de la Vie Romantique, le Pérugin au Musée Jacquemart-André, le Maroc médiéval au Louvre qui exposera bientôt Rhodes antique, Baccarat au Petit-Palais, les dessins de l’âge d’or hollandais à l’École des Beaux-Arts, bientôt, Viollet le Duc à la Cité de l’Architecture ou les nouvelles acquisitions du Musée d’Orsay, tandis qu’aux Gobelins se poursuit les Gobelins au XVIIIe siècle… Nous en oublions forcément. Nous ne les avons pas toutes vues, certaines sont très bien, d’autre un peu moins. D’autres encore franchement mauvaises – on pense bien sûr à Sade - mais tout cela démontre une vitalité qui ne se dément pas.

L’art ancien sera également à l’honneur dans une quinzaine de jours avec l’ouverture de Paris Tableau et toutes les expositions « off » qui l’accompagneront, une manifestation qui s’est désormais installée dans le temps, et qui, avec le Salon du Dessin au printemps transforme régulièrement Paris en capitale mondiale du marché de l’art ancien, à peine un mois après la mise à l’honneur de l’art contemporain.
Il faut s’en réjouir donc mais aussi avoir conscience de la fragilité de cette situation qui, dans le contexte actuel, relève presque du miracle.


Didier Rykner, lundi 3 novembre 2014





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