Chronique de l’art n° 27 : Le journalisme engagé de La Tribune de l’Art


Ce texte est la transcription de la chronique de l’émission La Semaine de l’Art n° 27 du 25 septembre 2014.

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Charles-Félix Saint-Père (1804-1895)
Église d’Arc-sur-Tille, 1826-1833
Photo : Didier Rykner

Une exposition sur les décors religieux de Maurice Denis au Vésinet, que nous n’avons pas encore vue, vient de s’ouvrir au Musée départemental de Saint-Germain-en-Laye. Nous avons reçu son catalogue, envoyé par le commissaire de la rétrospective, Fabienne Stahl, historienne de l’art co-responsable du Catalogue raisonné de l’œuvre de l’artiste. Celui-ci était accompagné d’un petit mot très aimable expliquant que sans le premier article que nous avions consacré rapidement à l’incendie de 2009, qui avait partiellement dévasté une des chapelle du Vésinet, rien n’aurait peut-être été possible pour la renaissance de ces décors.
Nous ne sommes pas certain d’être vraiment pour grand-chose dans cette réussite. Il faut surtout souligner l’intervention directe à l’époque du ministre de la Culture (c’était alors Frédéric Mitterrand, une fois n’est pas coutume), mais aussi l’engagement de la DRAC Ile-de-France et de la ville du Vésinet dans ce chantier qui a permis de sauver l’œuvre de Maurice Denis.

Tout cela pour faire deux constat. Le premier : bien loin de ne rapporter que de mauvaises nouvelles, La Tribune de l’Art s’attache aussi souvent que possible à parler aussi de ce qui marche bien. Nous n’y pouvons rien si nos critiques sont souvent plus reprises que nos louanges et nous essayons autant que faire se peut de juger honnêtement des actions de chacun. Critiquer ne veut pas seulement dire – même si c’est un sens qu’on donne souvent à ce mot – dire du mal. On peut aussi être critique en bien, et ce n’est d’ailleurs pas notre invité, Emmanuel Starcky, qui dira le contraire puisque nous avons souvent – pas toujours mais souvent – été en phase avec ses actions, et dit du bien de ses expositions.

Le second constat - et nous serons volontairement ici immodeste – est qu’incontestablement l’audience de La Tribune de l’Art nous donne une véritable influence sur certains dossiers et permet parfois de faire bouger les choses dans le bon sens.
Nous ferons un jour la liste des combats que nous avons menés et qui ont été couronnés de succès. Parmi ceux-ci, on citera par exemple l’église d’Arc-sur-Tille, dont on nous a dit sur place, lorsque nous nous y sommes rendu après que les travaux de restauration de l’édifice eurent commencé, que nos articles avaient fortement contribué à ce sauvetage. Si malheureusement on ne peut pas en dire autant des églises d’Abbeville et de Gesté, avoir aider à sauvegarder ce bel édifice néoclassique ne peut que nous réjouir.
Autre exemple que nous citons souvent : l’hôtel de la Marine, qui a échappé aux griffes d’Alexandre Allard et Renaud Donnedieu de Vabres en partie grâce à nous (et à quelques autres comme Alexandre Gady, Olivier de Rohan, Vincent Noce ou encore Adrien Goetz, nous en oublions certains, qu’ils veuillent nous en pardonner). Car pendant deux ans, nous n’étions pas très nombreux à nous battre contre le projet de transformation et de privatisation de ce monument. Le plus bel hommage est celui que nous a rendu, bien malgré lui, l’ancien ministre de la Culture Donnedieu de Vabres, dépité d’avoir raté son coup.

Bref, La Tribune de l’Art ne se contente pas de faire du journalisme. Elle fait du journalisme engagé au service de la protection du patrimoine et des musées. C’est pour cette raison que l’essentiel des articles d’actualité du site sont et resteront en accès libre car c’est le seul moyen pour que nous puissions être largement lus et relayés dans nos combats. Mais c’est aussi pour cela que nous développons à côté de plus en plus d’avantages pour les abonnés payants (et corrélativement que de moins en moins de choses seront accessibles gratuitement). Nous avons donc lancé une opération visant à trouver 500 abonnés supplémentaires d’ici la fin de l’année. Nous avons besoin de ces ressources pour recruter et développer encore le nombre d’informations traitées. N’hésitez pas à vous abonner : pour 40 € par an, vous ne trouverez aucun journal consacré à l’histoire de l’art et du patrimoine qui vous donnera autant d’informations inédites.


Didier Rykner, lundi 29 septembre 2014





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