Christophe Leribault nommé à la tête du Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris


28/8/12 - Nomination - Paris, Petit Palais -Adjoint au directeur du département des Arts Graphiques du Musée du Louvre où il était entré en 2006 et directeur du Musée Delacroix1 depuis 2007, Christophe Leribault, 48 ans, prendra le 1er novembre prochain la tête du Petit Palais à Paris.

Le nouveau directeur revient ainsi dans les musées de la capitale, lui qui avait été reçu au concours des conservateurs de la Ville de Paris en 1988 avant d’entrer à l’École du Patrimoine. Son premier poste, de 1990 à 2006, avait été au Musée Carnavalet.
Ayant mené un double cursus École du Louvre / Université, Christophe Leribault est également docteur en histoire de l’art, après avoir soutenu brillamment sa thèse sur Jean-François de Troy en 1999, publiée ensuite aux éditions Arthéna dont il est devenu par ailleurs l’une des chevilles ouvrières. Il a été le commissaire (ou co-commissaire) d’un nombre considérable d’expositions portant sur la peinture et le dessin des XVIIIe et XIXe siècles français. Parmi celles-ci, nous citerons notamment quelques-unes que nous avions ici recensées : Maestà di Roma, Delacroix et la photographie, L’Antiquité rêvée, Fantin-Latour, Manet, Baudelaire : L’Hommage à Delacroix... Il est également l’auteur d’un grand nombre d’articles et de notices de catalogue.

Le travail ne manquera pas pour Christophe Leribault au Petit Palais où il remplacera Gilles Chazal. Si le musée a été modernisé pour sa réouverture en 2005 (avec d’ailleurs des partis pris discutables et dont nous avions parlé ici), les choix muséographiques sont très contestables. Un nombre beaucoup trop réduit d’œuvres est exposé, des collections entières ou presque sont quasiment invisibles (les esquisses peintes pour les décors parisiens, les fonds de sculpture très peu mis en valeur...), l’accrochage est beaucoup trop clairsemé ou incohérent, les deux grandes galeries à gauche et à droite de l’entrée ne sont pas utilisées pour les collections, les acquisitions sont très peu nombreuses, certaines autres (les icônes notamment) sont médiocres et pourtant, elles, exposées... Nous renverrons pour l’essentiel à cet article où nous avions décrit la situation du musée à sa réouverture, un constat qui reste plus que jamais d’actualité. Certes, grâce à l’excellente équipe de conservation du musée, plusieurs expositions de qualité ont été présentées ces dernières années2 (notamment d’artistes peu connus de la seconde moitié du XIXe siècle), mais beaucoup étaient également de médiocre qualité et/ou sans rapport avec les collections, voire parfois franchement scandaleuses. Nul doute que l’arrivée de Christophe Leribault donnera un vrai coup de fouet à cette institution en la ramenant vers ses missions : présenter le mieux et le plus complètement possible ses collections permanentes, organiser des expositions dignes d’un grand musée des Beaux-Arts et enrichir le fonds par une politique d’acquisition cohérente (dans la mesure du budget disponible, dont on sait qu’il est particulièrement faible actuellement pour les musées parisiens3).

Terminons cet article sur un événement dont nous n’avons pas encore parlé : la transformation des musées de la Ville de Paris, à partir du 1er janvier 2013, en un établissement public qui aura à sa tête une énarque, Delphine Lévy. Si l’on connaît les dérives potentielles inhérentes à ce type de structure, nous ne jugerons pas cette réorganisation avant d’avoir pu constater ses effets. Tous les musées municipaux dépendent par définition des villes, et leurs directeurs sont donc nécessairement sous l’autorité d’un non conservateur, soit directement de l’élu, soit d’un fonctionnaire en charge de la culture. Le nouveau statut ne changera pas ce constat.
Le regroupement en réseau des musées de la Ville de Paris pourrait même avoir des effets positifs par rapport à la situation actuelle (loin d’être optimale), à condition donc que les directeurs conservent toutes leurs prérogatives et que la future directrice générale se contente de l’administration sans imposer des choix scientifiques relevant exclusivement des conservateurs. L’arrivée de Christophe Leribault est, à cet égard, une décision que l’on ne peut que saluer ici.


Didier Rykner, mardi 28 août 2012


Notes

1Rappelons que le Musée Delacroix dépend du Louvre.

2Nous citerons notamment récemment Giuseppe de Nittis, Jean-Louis Forain, Fernand Pelez, José Maria Sert...

3Remarquons toutefois que des musées comme celui de la Vie Romantique ou Cognacq-Jay parviennent malgré tout à mener une véritable politique d’acquisition.





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