Charles Mellin. Un Lorrain entre Rome et Naples Contenu abonnés


Caen, Musée des Beaux-Arts, du 21 septembre au 31 décembre 2007. L’exposition a été montrée auparavant à Nancy, Musée des Beaux-Arts, du 4 mai au 27 août 2007.
Ce compte-rendu porte sur la présentation nancéienne, mais nous avons publié un complément sur celle de Caen

L’année est décidément faste pour les amateurs de peinture française du XVIIe siècle. Après Jacques Stella et Philippe de Champaigne, c’est au tour de Charles Mellin de connaître les honneurs d’une rétrospective qui, après Nancy où elle est présentée cet été, fera ensuite étape à Caen.
Cet artiste, à la différence des deux autres, est un vrai rescapé de l’histoire de l’art. On ne peut s’empêcher de le rapprocher de Georges de la Tour en raison de leur origine lorraine et de l’oubli dans lequel ils sombrèrent totalement jusqu’au XXe siècle. La comparaison doit cependant s’arrêter là. On ne peut imaginer deux peintres plus dissemblables. Mellin fit toute sa carrière en Italie alors que La Tour ne quitta probablement pas sa terre natale (un voyage en Italie est possible, mais n’a jamais pu être prouvé). Mellin exécuta des peintures murales et, surtout, il fut très peu touché par le caravagisme (à l’exception peut-être du portrait récemment entré au Louvre - voir brève du 16/5/07). Enfin, La Tour, depuis sa redécouverte au début du siècle dernier est devenu un des maîtres anciens les plus populaires tandis que Mellin, dont la résurrection est plus récente, est totalement ignoré du grand public.


JPEG - 143.5 ko
1. Charles Mellin (1598/99-1649)
La sainte Famille avec le petit saint Jean
Huile sur toile - 58,5 x 74,5 cm
Paris, collection particulière
Photo : Service de presse
Voir l'image dans sa page

On a souvent abusivement comparé Mellin à Nicolas Poussin, en général pour le déprécier. S’il n’a pas son génie, Mellin est un excellent peintre dont le style n’a d’ailleurs que peu à voir avec celui de Poussin. Le malentendu, souligne Philippe Malgouyres, auteur du catalogue et de l’exposition, provient de l’historienne de l’art Doris Wild qui, si elle fut l’un des acteurs majeurs de la redécouverte de l’artiste, fit un grave contresens en le présentant comme un imitateur moins doué de Poussin. Stella eut, dans une certaine mesure, la même infortune sans que cela soit davantage justifié. Si l’art graphique de Mellin peut parfois évoquer la manière de son aîné et si la confusion fut accentuée par la mention Posino portée sur nombre de ses dessins, sa peinture est en général fort différente. Seules quelques rares toiles se rapprochent de la manière de Poussin, comme la Sainte Famille avec le petit saint Jean d’une collection privée (ill. 1). Inversement certains tableaux de ce dernier, en premier lieu le Martyre de Saint Erasme du Vatican, évoquent le style de Mellin. Leurs carrières se croisèrent à Saint-Louis-des-Français, où ce dernier gagna contre Poussin et Lanfranco le concours pour décorer la chapelle de la Vierge, et ils se connurent sans aucun doute, mais l’un n’est pas un émule de l’autre.


JPEG - 159.9 ko
2. Simon Vouet ou son atelier (à gauche) - Attribué à Charles Mellin (à droite)
Anges avec les instruments de la Passion
Huile sur toile - 102 x 78 cm
Naples, Museo Nazionale di Capodimonte
Photo : D. Rykner
Voir l'image dans sa page


La question Poussin n’est pas la…

Pour avoir accès à ce contenu, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous à l’aide de ce formulaire :





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Expositions : De Cézanne à Picasso - Chefs-d’œuvre de la galerie Vollard

Article suivant dans Expositions : Dutch portraits. The Age of Rembrandt and Frans Hals (Le portrait hollandais à l’époque de Rembrandt et de Frans Hals)