Charles Errard. La noblesse du décor Contenu abonnés


Auteur : Emmanuel Coquery.

On a du mal à imaginer aujourd’hui l’importance qu’ont pu avoir au XVIIe siècle les peintres maîtrisant l’ornement et pouvant répondre, dans les années 1640-1670, aux commandes de la nouvelle aristocratie, gens de finance et noblesse de robe, soucieux de montrer leur position sociale par le décor et l’ameublement, souvent somptueux, de leur demeure. Beaucoup de ces artistes, qui ne sont aujourd’hui que des noms (Jacques Lesot, Jacques Gervaise, les Lemoine, Georges Charmeton, etc.), travailleront aussi pour le Roi, contribuant à la modernisation de résidences anciennes (Fontainebleau, Saint-Germain-en-Laye, les Tuileries, le Versailles d’avant la Galerie des Glaces) comme à l’ornementation des résidences modernes que Louis XIV va faire construire pour son plaisir et pour sa gloire.

Le premier mérite de la monographie d’Emmanuel Coquery, introduite par un avant-propos d’Olivier Bonfait et superbement éditée par Arthena, est de remettre en lumière l’un de ces spécialistes de l’ornement, Charles Errard (vers 1601-1689). Outre la destruction de plusieurs de ses décors (notamment au Louvre), celui-ci avait disparu derrière la légende de sa rivalité – perdue - avec Charles Le Brun et celle d’un exil plus ou moins doré à la direction de la nouvelle Académie de France créée à Rome en 1666. Après un bref intermède (1673-1675), il y reprend ses fonctions jusqu’en 1684, et meurt, au bord du Tibre, en 1689.

Reprenant l’essentiel de sa thèse de doctorat soutenue en 20041 notamment dans l’articulation de ses différentes parties, dont on peut apprécier l’élégance des intitulés, Emmanuel Coquery commence par aborder, malgré les lacunes des sources, la jeunesse2 et la formation d’un artiste issu d’une famille d’ingénieurs qui sont déjà, depuis sans doute deux générations, au service du roi. Après un bref passage qu’il y aurait effectué en compagnie de son père, son premier vrai séjour à Rome (1631-1643) sera l’occasion pour Charles Errard de mettre à profit ses talents de…

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