Cathédrales 1789-1914. Un mythe moderne Contenu abonnés


Rouen, Musée des Beaux-Arts, du 12 avril au 31 août 2014.
Cologne, Wallraf-Richartz-Museum & Fondation Corboud, du 26 septembre 2014 au 18 janvier 2015.

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1. Salle du Romantisme allemand
Exposition Cathédrales, Musée des Beaux-Arts de Rouen
Photo : Didier Rykner
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Parmi les excellents essais du catalogue de l’exposition rouennaise, l’introduction à la première section du parcours1, quoique très courte, pose au mieux la problématique en rappelant que la représentation de la cathédrale dans l’art n’a acquis son sens symbolique qu’au XIXe siècle. Alors qu’elle n’était auparavant qu’une église parmi d’autres, celle de l’évêque, elle devient à la fois l’image de la nation mais aussi la quintessence de l’art gothique, au point que les deux termes, « gothique » et « cathédrale », deviennent presque synonymes. La cathédrale fait désormais l’objet de l’attention privilégiée de nombreux artistes et se trouve au cœur du mouvement néogothique qui naît, avec le romantisme, à la fin du XVIIIe siècle en Allemagne et en Angleterre. C’est ce changement de regard qu’explore le Musée des Beaux-Arts de Rouen, associé au Wallraf-Richartz-Museum de Cologne où l’exposition sera présentée cet automne.

Au XIXe siècle, la cathédrale devient donc, plus encore qu’auparavant, un lieu symbolique. Après une section introductive montrant notamment deux très belles œuvres plus anciennes (la châsse de Saint-Taurin d’Évreux et un panneau du XVe siècle du Maître à la Vue de Sainte Gudule) un peu hors sujet ou dont la présence aurait mérité d’être mieux expliquée, la première partie illustre comment la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècles firent de Reims (où Charles X fut le dernier roi couronné) et de Notre-Dame de Paris, victime du vandalisme révolutionnaire et lieu du baptême du roi de Rome, deux endroits essentiels de la politique française.


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2. Karl Friedrich Schinkel (1781-1841)
Église gothique sur un rocher au bord de la mer, 1815
Huile sur toile - 72 x 98 cm
Berlin, Alte Nationalegalerie
Photo : Staatliche Museen zu Berlin, Nationalgalerie
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3. Carl Gustav Carus (1789-1869)
La Musique, 1826
Huile sur toile - 23,5 x 21,5 cm
Dresde, Galerie Neue Meister
Photo : Staatliche Kunstsammlungen
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La salle suivante est consacrée à l’art germanique (ill. 1). L’exposition se garde en effet (le partenariat avec Cologne y incitait) de proposer une version gallo-centrée du thème. L’Allemagne en particulier est omniprésente du début à la fin. De Goethe fasciné par la cathédrale de Strasbourg et les artistes comme Schinkel (ill. 2), Friedrich ou Carus (ill. 3) qui font de la représentation de l’art gothique un des éléments essentiels de leurs peintures, à la question des destructions de la Première guerre mondiale.
Le romantisme allemand fut antérieur à celui de la France et se doubla dès l’origine d’un regard sur le gothique, considéré au début du XIXe comme étant né en Allemagne. Cette question de l’antériorité de la France ou de l’Allemagne dans la construction des cathédrales est au cœur des réflexions de l’histoire de l’art tout au long du siècle…

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