Caspar David Friedrich. Die Erfindung der Romantik (L’invention du Romantisme) Contenu abonnés


Caspar David Friedrich. L’invention du Romantisme
Essen, Museum Folkwang. Du 5 mai au 20 août 2006. Puis à Hambourg, Kunsthalle, du 13 octobre 2006 au 28 janvier 2007.

Il est des absences qui peuvent enrichir une exposition. À première vue, on pourrait regretter de ne pas voir le célèbre Moine de Berlin parmi les deux cents tableaux et dessins que réunit la rétrospective Friedrich d’Essen. Comment faire l’économie de ce tableau, l’un des plus puissants et des plus envoûtants de toute la peinture occidentale ? De l’expression ultime de son esthétique du vide habité, de sa poétique du dieu caché et de son goût pour l’inversion visuelle que Goethe a si bien vu ? Comment oublier cette icône de la mélancolie moderne, qui est aussi le plus terrifiant des autoportraits jamais peints par un artiste qui, comme Füssli et Girodet autour de 1800, s’est beaucoup regardé ? C’est pourtant le pari de cette étonnante exposition qui chahute les perspectives de différentes manières, en insistant d’une part sur les procédures formelles plus que sur l’iconographie, en rappelant d’autre part que l’art du peintre ne se réduit pas au catalogue névrotique d’un solitaire hanté par l’impermanence humaine et donc sa propre disparition. Bien qu’il ait affronté sa décrépitude précoce dès le milieu des années 1810, Caspar David Friedrich (1774-1840) n’a pas oublié de vivre et de jouir de l’existence... Sans compter les tableaux patriotiques d’avant 1815 et ceux qui prennent une résonance libérale après la chute de Napoléon, associant à la beauté du pays natal la bravoure de ses enfants, l’exposition d’Essen nous oblige à aborder le versant heureux, si l’on ose dire, de cette peinture réputée grave ou morbide.

JPEG - 58.8 ko
1. Caspar David Friedrich (1774-1840)
En bateau, 1818-1820
Huile sur toile - 71 x 56 cm
Saint-Petersbourg, Musée de l’Ermitage
Photo : Musée de l’Ermitage
Voir l'image dans sa page

Dès la premier salle, En bateau de l’Ermitage (ill. 1), donne le ton. Du voilier sans capitaine apparent, le peintre n’a voulu montrer que le grand mat, légèrement incliné vers la droite, et un couple de jeunes gens assis près de la poupe et penchant légèrement en sens…

Pour avoir accès à ce contenu, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous à l’aide de ce formulaire :





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Expositions : Willumsen 1863-1958. Du Symbolisme à l’Expressionnisme

Article suivant dans Expositions : Rebels & Martyrs : The Image of the Artist in the Nineteenth Century