Carrier-Belleuse. Le maître de Rodin Contenu abonnés


Compiègne, Musée national du Palais, du 22 mai au 27 octobre 2014.

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1. Vue de la rétrospective Carrier-Belleuse au palais de Compiègne
Photo : Didier Rykner

Contemporain de Carpeaux, qui fait l’objet au même moment d’une rétrospective au Musée d’Orsay (article à venir), Albert Carrier-Belleuse, s’il ne connut pas la même gloire posthume, fut l’un des artistes les plus en vue du Second Empire, multipliant les commandes de sculptures et menant parallèlement une intense production d’art décoratif.

L’exposition du château de Compiègne, dans une belle muséographie mettant bien en valeur ses œuvres (ill. 1), permet de suivre la carrière du statuaire dans toutes ses dimensions, à l’exception notable de sa sculpture monumentale et de ses décors d’architecture qui n’y sont qu’évoqués. Comme l’explique June Hargrove dans le dernier essai, ce manque est dû au format de l’exposition qui interdisait d’exposer de grands formats. Il est cependant dommage que le catalogue, au demeurant excellent, ne consacre pas un essai à cet aspect, laissant ainsi de côté à la fois les commandes pour lesquelles aucune esquisse n’est ici présentée (le théâtre de la Renaissance, la Banque de France, le château de Sablé...) et ses nombreuses réalisations à l’étranger (il travailla notamment pour des clients roumains et argentins). Malgré cette réserve, l’exposition comme son catalogue sont hautement recommandables, révélant un sculpteur attachant et très inventif.



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Contrairement à Carpeaux, Carrier ne fut jamais Prix de Rome et ne tenta d’ailleurs jamais de l’obtenir. Sa formation, à la différence de beaucoup de sculpteurs au XIXe siècle, ne fut pas académique : son père ayant abandonné sa famille après des revers de fortune, il dut commencer à travailler à 13 ans, en 1837, devenant ciseleur, puis modeleur, chez Fannière Frères, une maison d’orfèvrerie parisienne. Bien que fréquentant l’École des Beaux-Arts en 1840, recommandé par David d’Angers, il n’y resta que quelques mois, s’inscrivant ensuite en cours du soir à la Petite École, surnom donné à l’École royale gratuite de dessin et de sculpture d’ornement, ancêtre de l’Ensad. Dès le début donc, Carrier-Belleuse fut marqué par les arts décoratifs, une formation qui se poursuivit lorsqu’il partit avec sa famille en 1850 en Angleterre où il travailla pour la manufacture de porcelaine de Minton, à Stoke-on-Trent, produisant des modèles pour des statuettes en « parian », une céramique ressemblant à celle produite à Sèvres.

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2. Salle des colonnes, palais de Compiègne
Au centre, la Bacchante en marbre de Carrier-Belleuse
Photo : Didier Rykner

De retour en France, il participa à l’Exposition Universelle de 1855 où ses créations (céramiques et bronzes) furent présentées sur les stands de plusieurs fabricants anglais et français. Sa carrière était lancée, d’autant qu’il entama parallèlement une production de grandes sculptures susceptibles d’être montrées au Salon annuel auquel il…

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