Caravage Contenu abonnés


Auteur : Sybille Ebert-Schifferer

Il faut un certain courage pour se lancer dans la rédaction d’un livre sur Caravage ! Dans l’introduction de la monographie que Sybille Ebert-Schifferer vient de faire paraître en langue française aux éditions Hazan (2009), l’auteur rappelle que plus de 3 500 articles et livres ont été publiés sur l’artiste italien. Il faut également maîtriser couramment au moins quatre langues.

Le parti adopté par l’auteur

Sybille Ebert-Schifferer (S.E.S.) a choisi de mêler la vie et l’œuvre (les 239 premières pages). On comprend son choix, tant la production du peintre est imbriquée avec sa vie privée… J. Thuillier avait fait une remarque similaire pour Nicolas Poussin : « Poussin n’est pas de ceux dont l’art est entièrement séparé de la vie. L’homme ne se distingue pas du peintre ; au contraire, le peintre explique l’homme, et même la vie de l’homme… Il est de cette sorte de peintres pour qui le tableau est à la fois le lieu de la méditation et son expression la plus profonde, la plus complète, la plus juste ». S.E.S. analyse donc les principaux événements de la vie de Caravage et les réalisations picturales. Le livre se conclut par une trentaine de pages (p. 241-267) où sont étudiés de façon synthétique quelques sujets majeurs (chapitre IV, qualités artistiques).
Les noms des historiens de l’art du XXe siècle ne sont jamais cités dans le texte lui-même (deux exceptions peut-être, Longhi et Baumgart), mais relégués dans les notes, ce qui allège beaucoup la lecture du livre ; catalogue sommaire (p. 285-298), notes et bibliographie clôturent l’ouvrage. Les photographies couleurs, au nombre de 150 environs, sont superbes.

Le choix d’une méthode

Devant la richesse et la qualité du travail fourni par l’auteur, sans parler de la maîtrise du sujet et de la bibliographie, mettons en valeur deux points de méthode : le lecteur sera avant tout frappé par l’analyse serrée des sources (Van Mander, Mancini et, bien sûr, Baglione et Bellori). Un exemple est plus particulièrement frappant. Tout le monde connaît le célèbre texte de Van Mander écrit en 1603 et publié en 1604 : l’homme est toujours prêt à se battre et à provoquer des troubles, ce qui en ferait un homme d’un commerce difficile ; « Ce passage, écrit S.E.S., pourrait bien s’inspirer de la personnalité d’Onorio Longhi, ami et alter ego du peintre, qui à la fin de 1600 a déjà subi trois mois d’interrogatoires pour toute une série de délits » (p. 15) : il y a donc eu un amalgame entre Caravage et Onorio Longhi ; les Vies de Baglione et de Bellori sont aussi passées au crible.

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1. Michelangelo Merisi, dit le
Caravage (1571-1610)
La Résurrection
de Lazare
, 1609
Huile sur toile - 380 × 275 cm
Messine, Musée national
Photo : Wikimedia Commons
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Cette analyse des sources s’accompagne d’une connaissance de l’histoire de l’Italie et de Rome à la charnière des deux siècles. S.E.S. a bénéficié de travaux récents qui relèvent en partie de la sociologie. Jamais dans un livre sur Caravage on…

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