Caen lance une souscription pour acheter un tableau de Seghers


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Gerard Seghers (1591-1651)
Saint François et l’ange, vers 1619
Huile sur toile - 122 x 98 cm
Galerie Claude Vittet
Photo : Galerie Claude Vittet
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4/1/17 - Souscription - Caen, Musée des Beaux-Arts - Renversé, les yeux mi-clos, saint François en extase est soutenu par un ange musicien. La toile de Gerard Seghers était présentée par la galerie Claude Vittet au salon Paris-Tableau de 2014 (voir l’article).
Dès aujourd’hui, il est possible d’aider le Musée des Beaux-Arts de Caen à acheter cette œuvre au marchand parisien. L’objectif de cette souscription, qui durera du 5 janvier au 31 mars 2017, est de réunir 20 000 euros, une grande partie (92 %) de la somme initiale ayant déjà été assurée par la Société des Amis du musée et par les collectivités publiques : la Ville de Caen, la Région de Normandie et le Ministère de la Culture. Rappelons que la participation financière à cette acquisition bénéficie d’une déduction fiscale de 60 à 66 %. Tous les informations sont disponibles sur le site Commeon.

Le peintre ne met pas en scène saint François recevant les stigmates, il le montre méditant sur les vanités du monde, un crâne à la main ; au cours de cette méditation douloureuse, il a une vision, celle d’un ange jouant de la musique, une mélodie dont la beauté le fait défaillir. On ne sait d’ailleurs s’il voit cet ange ou s’il l’entend seulement.
L’iconographie de cet épisode, évoqué notamment par saint Bonaventure, a été analysée par Fabien Guilloux. Il fut illustré par de nombreux peintres - Caravage, Guerchin, Guido Reni... - contemporains de Seghers qui choisit un cadrage serré, un fond sombre, et rapproche les visages des deux personnages, réel et céleste, dans un même halo de lumière. Le maître flamand a peint le sujet une deuxième fois dans un tableau conservé au Louvre et réalisé vers 1620-1624, où il met en scène trois anges autour de saint François. La toile que le musée de Caen souhaite acquérir aurait été peinte un peu plus tôt, en 1619. La date a son importance car on connaît peu d’œuvres de Seghers réalisées avant 1620, c’est à dire avant son retour à Anvers, sa ville natale.
Gerard Seghers se forma auprès d’Hendrick van Balen puis d’Abraham Janssen. C’est sans doute ce dernier qui l’incita à voyager en Italie puis en Espagne où il a probablement créé cette œuvre dont une copie ancienne se trouve dans l’église de Santiago, à Antequera. Quoi qu’il en soit, elle est marquée par les séjours italien et espagnol du maître et par l’influence caravagesque.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, jeudi 5 janvier 2017





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