Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde Contenu abonnés


Paris, musée d’Orsay, du 12 septembre 2011 au 15 janvier 2012.
San Francisco, Fine Arts Museums, du 18 février au 17 juin 2012.

L’exposition avait été présentée auparavant à Londres, au Victoria & Albert Museum, du 2 avril au 17 juillet 2011 (voir l’article).

Si nous revenons sur la version parisienne de l’exposition présentée au printemps au Victoria & Albert Museum, c’est pour montrer à quel point une scénographie bouleverse le plaisir et le regard du spectateur. Dans son compte-rendu de la présentation londonienne, Antoine Capet notait à juste titre « qu’il arrive qu’abondance de biens puisse nuire – en l’occurrence que le visiteur d’une exposition succombe à la fatigue visuelle et intellectuelle », avant de suggérer que les commissaires devraient s’efforcer de sélectionner les œuvres « non pas tant peut-être qualitativement que quantitativement ». Il semble que son vœu ait été plus qu’exaucé, moins d’ailleurs par le nombre d’objets exposés, que par la présentation qui, délaissant le bric-à-brac si cher au V & A et sans renoncer à la juxtaposition parfois complexe d’œuvres hétérogènes chronologiquement, offre une perspective que nous qualifierons de « cartésianisée », rendant ainsi le propos du parcours infiniment plus compréhensible. Propos que le titre adopté par Orsay complique toutefois inutilement1 : sans doute l’Aesthetic Movement ne dit-il pas grand-chose au public français alors que le nom de Wilde parle immédiatement (lequel Wilde est d’ailleurs assez peu présent dans l’exposition). Mais fallait-il inscrire un terme éthique entre deux substantifs esthétiques ?

JPEG - 42.6 ko
1. George Frederic Watts (1817-1904)
Clytie, v. 1867/1868
Marbre - 90 x 65 x 40 cm
Londres, Guildhall Art Gallery
Photo : Guildhall Art Gallery
Voir l'image dans sa page

Car s’il est admis que l’Angleterre victorienne fut très puritaine, que Wilde transgressa les interdits au risque de sa liberté voire de sa vie, que des critiques firent des procès en moralité à propos de toiles que Ruskin lui-même jugea d’une « sensualité grossière et révoltante », devait-on pour autant surligner cet aspect moralisateur au point de l’inscrire dans le titre ? La Beauté et la Volupté se suffisaient à elles-mêmes, d’autant que la scénographie de Nathalie Crinière et…

Pour avoir accès à ce contenu, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous à l’aide de ce formulaire :





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Expositions : L’Age roman au temps des comtes-ducs d’Aquitaine

Article suivant dans Expositions : Destins souverains