Avis d’appel au mécénat pour le Portrait du Comte Molé d’Ingres


Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1864)
Portrait du Comte Molé, 1834
Huile sur toile - 147 x 114 cm
Collection particulière
Photo : D. R.

1/2/09 – Appel au mécénat – Paris, Musée du Louvre – Le Journal Officiel a publié aujourd’hui l’appel au mécénat des entreprises pour l’acquisition par le Louvre du Portrait du Comte Molé de Jean-Auguste-Dominique Ingres.

Ce tableau avait été classé trésor national en mai 2006 (voir brève du 21/5/06), soit il y a près de trois ans, délai pendant lequel il était temporairement interdit de sortie. La procédure est donc allée très lentement, en raison de la difficulté pour le ministère de la Culture et le Louvre de trouver un accord avec le propriétaire sur le prix de vente. Celui-ci est désormais fixé à 19 millions d’euros. Il s’agit d’un montant phénoménal pour un tableau d’Ingres, le Portrait de Ferdinand, le dernier tableau d’Ingres acquis par ce même musée (voir brève du 20/1/06), l’avait été pour « seulement » 11 millions. Bien qu’il soit difficile de chiffrer la valeur d’un tel tableau, aucune œuvre de l’artiste de cette importance n’étant passé récemment en vente, en dehors de tableaux religieux, forcément moins commerciaux (voir brève du 14/10/05), on peut se demander s’il s’agit réellement d’un prix de marché. On n’ose imaginer quel sera celui du dernier grand Ingres à demeurer en collection privée en France, La baronne Betty de Rothschild, toujours conservé par la famille et qui, lui, est réellement indispensable au Louvre. Ce musée ne possède pas de grand portrait féminin de la seconde moitié de la carrière du peintre, les plus beaux étant sortis de France au XXe siècle dans une relative indifférence.

Il ne saurait être question de laisser sortir le Portrait du Comte Molé de France et on souhaite évidemment le plein succès de cet appel à mécénat. Mais une fois acquis, la question de la pertinence d’un tableau supplémentaire d’Ingres au Louvre devrait se poser. De grandes collections du XIXe en province manquent cruellement d’œuvres de l’artiste, et un dépôt permanent est toujours possible.

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Didier Rykner, dimanche 1er février 2009



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