Avis d’appel au mécénat pour Le Reniement de saint Pierre d’Antoine ou Louis Le Nain


Antoine (vers 1600/1610-1648) ou
Louis Le Nain (vers 1600/1610-1648)
Le Reniement de saint Pierre
Huile sur toile - 92 x 118 cm
Collection AXA
Photo : D. R.

14/8/08 – Appel au mécénat – Paris, Musée du Louvre Le Reniement de saint Pierre d’Antoine ou Louis Le Nain (ill.)1 finira-t-il enfin au Louvre ? Le feuilleton dure depuis que ce tableau a été « trouvé dans un grenier de Lunéville »2 et vendu aux enchères à Nancy le 19 mars 2000 où il était attribué à l’Ecole Lorraine du XVIIe siècle. Estimé 200 000 francs, il fut finalement acquis par le marchand parisien Charles Bailly pour 9,2 millions de francs (en incluant les frais), malgré la présence dans la salle de représentants des musées qui n’avaient pu, à l’époque, trouver la somme nécessaire. Fin du premier acte.
Dans le deuxième acte, l’œuvre se voyait refuser son certificat d’exportation le 21 juillet 2000, ce qui provoquait l’ire de Bailly qui l’avait acquise probablement pour un client américain3. Elle fut finalement vendue à une société d’assurance (AXA).

Le troisième acte vient de commencer, et il faut espérer qu’il connaîtra une issue favorable. Un avis d’appel au mécénat a en effet d’être lancé dans le Journal Officiel daté de ce jour, pour l’acquisition par le Louvre de ce tableau. Le prix est fixé à 11 500 000 € (à comparer cependant au prix d’adjudication en 2000, l’équivalent d’1 500 000 €4.... ) Cette toile est sans doute - même s’il faut rester prudent - celle offerte par l’Académie à Mazarin en 1656 : « un St Pierre de feu M. Le Nain »5. Mathieu Le Nain étant encore vivant à cette époque, le tableau ne peut donc être attribué qu’à Louis ou Antoine. D’après le texte de l’avis : « Le Reniement de saint Pierre, attribué à Antoine ou à Louis Le Nain, constitue un maillon capital dans la compréhension de la répartition respective du travail de chacun des trois frères Le Nain, aussi bien pour les œuvres qu’ils ont signées de leur patronyme que pour celles qui leur sont attribuées par les archives ou la tradition. »

Notons enfin que, dans le même J. O., un avis d’appel au mécénat est également lancé pour l’acquisition par Versailles, pour 2 millions d’euros, d’un des compartiments centraux du grand tapis de la nef de la chapelle de Versailles commandé par Louis XV à la manufacture de la Savonnerie. Selon l’avis : « Ce compartiment a été commandé à la manufacture de la Savonnerie avec quatre autres pièces tissées entre 1723 et 1728 et destinées à recouvrir le dallage de la chapelle du château consacrée en 1710. Il s’agit d’un témoignage exceptionnel de la production de la Savonnerie au XVIIIe siècle, par son extrême qualité d’exécution, en particulier la finesse du tissage. Il est en même temps dans un état de conservation rare, ayant gardé une très grande fraîcheur de couleurs. »

P.S. Le tableau a été acquis par le Louvre : voir brève du 29/5/09.

English version


Didier Rykner, jeudi 14 août 2008


Notes

1. Nous n’avons pas trouvé de meilleure photo que celle parue dans la presse à l’époque.

2. Gazette de l’Hôtel Drouot, 24 mars 2008.

3. Voir Le Monde daté du 20 octobre 2000, Monique Raux, L’Etat retient en France un tableau des frères Le Nain.

4. Voir Pierre Rosenberg, Tout l’œuvre peint des Le Nain, Paris, 1993, p. 70

5. Le dernier tableau religieux des Le Nain vendu aux enchères, une Madeleine (huile sur toile - 55 x 62,5 cm), a été adjugé 120 000 € avec les frais à Drouot le 16 décembre 2005.



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