Autour du « Chat Noir ». Arts et plaisirs à Montmartre (1880-1910)


Paris, Musée de Montmartre, du 13 septembre 2012 au 13 janvier 2013.

On avait connu le Chat botté de Charles Perrault, celui de Baudelaire se promenant « dans [s]a cervelle,/ Ainsi qu’en son appartement », le chat noir d’Edgar Poe, et puis vint le… Chat Noir, aussi rusé que celui du conte, beaucoup plus tapageur que celui du poème qu’« on entend à peine [quand] il miaule », moins démoniaque que celui de l’écrivain américain. Car ce félidé montmartrois est né de l’imagination d’un loufoque artiste aujourd’hui totalement oublié – Rodolphe Salis (1851-1897) – qui y établit son antre dans un ancien relais de poste désaffecté du 84 bd Rochechouart en novembre 1881.


JPEG - 172 ko
1. Antonio de La Gandara (1861-1917)
Portrait de Rodolphe Salis, 1884
Huile sur toile - 120 x 80 cm
Collection Irène et Marc Lefebvre
Photo : Daniel Couty
JPEG - 175.1 ko
2. Charles Léandre (1862-1934)
Caricature d’ Emile Goudeau, 1896
Crayon - 40 x 32 cm
Collection particulière
Photo : Daniel Couty

JPEG - 107.1 ko
3. Adolphe Willette (1857-1926)
Parce Domine, parce populo tuo, 1882
Huile sur toile - 200 x 390 cm
Paris, Musée de Montmartre
Photo : D.R.

De chat, à proprement parler il n’y eut pas – ou trop selon les légendes ; et le seul que l’on (re)connaissait était celui de l’enseigne qu’avait dessinée Adolphe Willette (un chat noir perché sur un croissant de lune) et qui se décline aujourd’hui aux étals de la Place du Tertre en bimbeloteries diverses d’aussi mauvais goût que pour un mariage royal britannique
L’exposition que nous propose le musée de Montmartre rénové (ne pas oublier, surtout, de se promener dans ses jardins réaménagés, de traverser les vignes et de lever les yeux vers la découpe du Sacré-Cœur) n’appartient pas à ces manifestations où la foule se presse autour de noms d’artistes et d’œuvres mondialement connus (même si figurent ici de Manet – Polichinelle, 1874, coll. particulière – à Toulouse-Lautrec quelques grands noms de la scène picturale) non plus qu’à ces géniales revisitations de sujets maintes fois vus et banalement revus, mais elle se justifie pleinement par la qualité de son propos – explorer tout un pan de l’histoire socio-culturelle d’un quartier qui fut un des haut lieu de la vie parisienne dans le dernier tiers du XIXe siècle – et faire revivre nombre de figures d’artistes dont certaines sont entrées dans notre imaginaire collectif, qu’il s’agisse de peintres et d’écrivains (Toulouse-Lautrec, Jules Chéret, Alphonse Allais) ou d’animateurs (Bruant, Loïe Fuller), sans oublier ces maîtres que l’on dit hautains qui fréquentèrent, même si leur légende se fait discrète là-dessus, ces lieux de vie trépidante (Mallarmé, mais aussi Debussy par exemple).
Or donc, l’excentrique Rodolphe Salis, fils d’un distillateur chatelleraudais, après avoir tenté à Paris en compagnie de trois camarades de faire fortune en produisant à la chaîne des images sulpiciennes et connu une amourette qui se termina aussi mal que celle du Rodolphe de Murger, décida d’ouvrir un troquet dans un étroit boyau de 4 x 3,5 m, bas de plafond, que prolongeait un cagibi aveugle – que par dérision il appela l’Académie et où il rassemblait ses proches. Le vin qu’on y servait n’était que de la piquette et l’atmosphère enfumée n’incitait guère au mondanisme. Mais peintre médiocre, Salis avait le sens des affaires et il sut attirer le chaland par une mise en scène digne d’épater le bourgeois : l’entrée était gardée par un impeccable garde suisse (dont la tenue tranchait avec celle des locaux), l’intérieur rappelait le fouillis du magasin de l’Antiquaire de La Peau de chagrin… mais savamment organisé – « du plus pur style Louis XIII… avec un lustre en fer forgé de l’époque byzantine et où les gentilshommes, les bourgeois et les manants seraient dorénavant invités à boire l’absinthe habituelle de Victor Hugo (celle que préférait Garibaldi) et de l’hypocras dans des coupes d’or ». Rien d’étonnant que portraituré par Antonio de La Gandara, Salis ait tout du mousquetaire bohème (ill. 1) tel qu’aurait pu le peindre Ribera1. Cependant le succès n’aurait jamais été aussi rapide sans la rencontre de Salis et d’Émile Goudeau2 (1849-1906) (ill. 2), autre excentrique de cette mouvance intellectuelle décadente qui vit pulluler les cercles3 : Hydropathes, Hirsutes, Zutistes, Fumistes, etc. Goudeau le bien nommé avait fondé les Hydropathes en octobre 1878 et réunissait son cercle (Paul Arène, Bourget, Coppée, Cros, Rodenbach, Rollinat, Richepin…) dans divers cafés de la rive gauche dont le célèbre Sherry Gobler. La profession de foi des Hydropathes donnait le ton du cercle : « La doctrine hydropathesque consiste précisément à n’en avoir aucune » affirmait ainsi Goudeau dans la revue L’Hydropathe du 10 Décembre 1879. Car les cercles décadents avaient tous leur feuille. Et, lorsqu’à l’invitation de Salis, Goudeau transporta son cercle de la rive gauche sur la rive droite et élut domicile au Chat Noir, il persuada son hôte de publier un hebdomadaire pour promouvoir l’estaminet et faire connaître de nouveaux talents. C’est ainsi que la revue sortit des presses le 14 janvier 18824. Les murs « du plus extraordinaire cabaret du monde » comme le vantait Salis se couvrirent de toiles peintes par des artistes locaux – dont l’une des plus célèbres est celle de Willette (ill. 3) qui métaphorise en détournant un cantique et en pastichant les danses macabres la descente des figures montmartroises à la conquête de Paris depuis le Moulin de La Galette.


JPEG - 237.5 ko
4. M. Balda
Le Cabaret du Chat Noir, s.d.
Huile sur toile - 30,5 x 38,5 cm
Paris, Musée de Montmartre
Photo : D.R.
JPEG - 144.8 ko
5. Marcellin Desboutin (1823-1902)
Portrait d’Aristide Bruant, 1893
Huile sur toile - 140 x 103 cm
Paris, Musée de Montmartre
Photo : D.R.

Le succès s’amplifiant, Salis déménagea à quelques pas de son premier repaire et ouvrit un second Chat Noir en 1885 rue Victor-Massé : lieu plus grand (trois étages) et plus élégant, propre à satisfaire tous les goûts et tous les genres - ainsi que le montre un superbe éclaté de M. Balda (ill. 4). L’endroit devint un véritable cabaret, chic, et l’un de ceux qui animaient le premier Chat où il avait su créer un style proprement montmartrois, tant vestimentaire que « poétique », Aristide Bruant, reprit le lieu, en fit son Mirliton, endroit de toutes les provocations où le public aimait à se faire houspiller. Fixé par son ami Toulouse-Lautrec sous tous les angles, il nous est ici aussi présenté par une toile de Marcellin Desboutin (ill. 5), strict portrait de face de l’artiste dans son légendaire accoutrement, affichant toute son assurance arrogante, celle-là même qu’il adoptait pour défier son public, bottes posées négligemment sur une table ou debout sur celle d’un invité, se plaisant à insulter son public fait sans doute de ces délicieuses petites Mme de Marelles de Bel-Ami aimant aller s’encanailler et se faire traiter de tous les noms.
Tandis que Bruant chantait « Nini Peau d’chien », « A Montmerte », « « Le Chat Noir » et s’érigeait comme l’une des figures institutionnelles du Montmartre fin-de-siècle, créateur d’un nouveau genre chansonnier gouailleur et parigot, à la syntaxe syncopée originale faite d’élisions incongrues, de déformations vocaliques, de passages du singulier au pluriel dignes de l’oralité pure, le nouveau Chat Noir devenait le cabaret à la mode, entouré de lieux de plaisir et de spectacles qui se développaient sur la butte. Ainsi s’effaçaient dans les rires et les danses les sombres heures de la Commune…

JPEG - 77 ko
6.Sapek (Eugène Bataille, 1854-1891)
Mona Lisa avec une pipe, 1887
Recadrage d’une page de la revue Le Rire
Collection particulière
Photo : Daniel Couty

C’est ici que l’exposition intéressera l’amateur d’art, car au-delà d’une histoire de la vie montmartroise, le Chat Noir, plus que tout autre institution de la Butte (du Lapin Agile aux Moulins Rouge ou de la Galette), a joué un véritable rôle dans la diffusion de formes artistiques qui suivaient les courants alors à la mode et le plus souvent allaient au bout de leurs logiques pour déboucher sur une véritable avant-garde. Témoin l’expérience des « Arts incohérents » dont la première exposition – « une exposition de dessins exécutés par des gens qui ne savent pas dessiner » – se tint dans l’appartement d’un ex Hydropathe, Jules Lévy en juillet 1882. Des artistes connus y côtoyaient donc de parfaits inconnus. Au fil des années les « Arts incohérents » devinrent un véritable lieu d’expérimentation qui poussa la provocation jusqu’à détourner les chefs-d’œuvre les plus célèbres (tel est le cas de Sapeck anticipant sur Marcel Duchamp avec sa Mona Lisa avec une pipe, 1887, ill. 6) allant jusqu’aux canulars les plus farfelus – et, dans ce domaine Allais tint le haut du pavé avec son rectangle rouge intitulé Récolte de la tomate au bord de la mer Rouge par des cardinaux apoplectiques (1884), suivi de près par G. Van Drin parant la célèbre statue d’étiquettes d’eaux minérales divers pour en faire La Vénus de mille eaux, 1889. Art potachique et canularesque qui suscita l’enthousiasme amusé des amateurs qui se retrouvaient au Bal des Incohérents5 où chacun laissait libre cours à ses envies du moment. Les Incohérents tinrent leurs expositions par la suite Galerie Vivienne, imprimant de superbes catalogues aux notices loufoques, puis se dissolurent en 1887, renaquirent brièvement et disparurent définitivement dans l’indifférence générale d’une presse qui les avait pourtant lancés à coups d’articles à sensation à leurs débuts6. Plus sérieusement, le Chat Noir contribua au renouveau du théâtre d’ombres grâce au travail d’Henri Rivière, d’abord secrétaire de la revue, puis, à partir de 1886-1887, responsable et directeur du Théâtre du Chat Noir. Pour ce (re)nouveau du théâtre d’ombres il créa des décors en zinc (dont une salle nous montre dans une obscurité bleutée l’atmosphère – ill. 7) – derrière lesquels se déroulaient des aquarelles de sa main (ill. 8) ou d’autres artistes (en particulier Charles Guilloux et Charles Lacoste). Félix Fénéon, par ailleurs critique au Chat Noir, note : « Vingt fois, sur l’écran, lignes et couleurs s’abolissent. Pour ressurgir en nouvelles images. ; et chaque tableau se modifie encore par des manœuvres partielles […] Sous l’afflux continu de glissants transparents échelonnés, les ciels transparents varient d’un mouvement continu – et ici l’arbitraire de la machinerie collabore nécessairement avec l’auteur. Cet auteur : M. Rivière7 ». Ces spectacles, dont l’un des plus remarquables fut La Marche à l’Étoile, « un mystère en 10 tableaux, poème et musique de M. Georges Fragerolle8, dessins de Henri Rivière », étaient accompagnés par une musique orchestrale ou un piano. Au total c’est une quarantaine de pièces que le théâtre d’ombres proposa avec succès entre 1886 et 1896 : outre La Marche à l’Étoile (1890), Rivière avait présenté une spectaculaire Tentation de Saint Antoine (1887), et son complice Caran d’Ache, L’Épopée (1888), trois spectacles qui firent date dans les annales du lieu.


JPEG - 218.4 ko
7. Henri Rivière (1864-1951)
Intérieur mobilier pour la pièce du théâtre d’ombres
Cruelle Enigme, 1891
Ensemble de 18 plaques de zinc - 116 x 146,5 x 2,3 cm
Paris, Musée de Montmartre
Photo : Daniel Couty
JPEG - 269.5 ko
8. Henri Rivière (1864-1951)
L’Île des cygnes, 1900
Pastel et crayon - 52,5 x 82 cm
Collection particulière
Photo : Daniel Couty

JPEG - 227.1 ko
9. Henri de Groux (1886-1930)
Loïe Fuller, vers 1892-1895
Pastel - 68,5 x 42,5 cm
Collection particulière
Photo : Daniel Couty

Mais l’un des aspects les plus intéressants de l’exposition vient de ce que dit son titre : Autour du Chat Noir. Car, par-delà le cabaret devenu au fil des années fin-de-siècle « le » lieu à la mode, c’est tout le quartier de la Butte qui est évoqué. Et l’on sait que nombre d’artistes y firent leurs débuts – voire leur vie. C’est évidemment le cas de Toulouse-Lautrec dont sont présentées diverses affiches de figures de la scène montmartroise (Bruant, bien sûr, mais aussi La Goulue) ainsi qu’une caricature de Ferdinand Bac. Tout comme les affichistes qui explosent alors – Jules Chéret dont on voit la célèbre Loïe Fuller (1893), créatrice de la célèbre Danse serpentine qu’immortalisa également Lautrec et dont l’exposition nous propose une autre version : celle d’Henri de Groux (v. 1892-1895, ill. 9) qui, davantage que les versions déclinées par l’affiche qui faisaient dire à Mallarmé qu’avec la danseuse américaine venait de naître une « ivresse d’art et, simultané, accomplissement industriel9 », rend compte dans l’incertitude de ses couleurs et de ses lignes de ce que le même Mallarmé écrivait quelques lignes après : « Au bain terrible des étoffes se pâme, radieuse, froide, la figurante qui illustre maint thème giratoire, […] pétale et papillon géants, déferlements… »


JPEG - 186.7 ko
10.Louis Legrand (1863-1951)
Danseuse rousse, vers 1900
Huile sur carton - 60 x 50 cm
Collection particulière
Photo : Daniel Couty
JPEG - 206.4 ko
11. Henri-Gabriel Ibels (1867-1936)
Mère Moderne, 1893
Huile sur toile - 36 x 43 cm
Collection particulière
Photo : Daniel Couty

La danse est évidemment présente, elle qui, de ses cancans endiablés, attirait et subjuguait le public. Nous sont ainsi proposés Trois Ballerines d’Henri Gervex (v. 1895), une très belle Etude d’après Degas de Louis Legrand (v. 1900), son Cancan au Bal Bullier (v. 1895) et, du même, une Danseuse rousse (v. 1900, ill. 10) que l’on croirait sortie du pinceau de Renoir... Chanteurs et danseurs, croqués – voir la dodue Jeanne Bloch d’Ibels auquel on doit une toile au cadrage en contre-plongée assez surprenante : Mère moderne (ill.11) – occupent des espaces dont les peintres du temps ont fait leur miel : défilent ainsi La Café-Concert de Louis-Abel Truchet (1895), Une première au Théâtre Montmartre d’André Devambez (1901), La Cariatide (Au théâtre de Jean Weber (1905) ou Le Bal Tabarin d’Edouard Deverin (v. 1905). Sans oublier bars et cafés qui se côtoient sur la butte : Louis Legrand saisit ainsi une délicieuse Scène de bar (1909) où une cocotte se remaquille devant un aristocrate en goguette tandis que Georges Bottini croque une élégante femme en blanc dans Au bar (1904, ill. 12). Et le spectacle terminé, les bourgeois devenus montmartrois d’un soir quittent les lieux de distraction pour rejoindre leurs quartiers comme le montre la très belle encre de Chine de Juan Gris, Devant le Moulin Rouge (1909, ill. 13).


JPEG - 207.2 ko
12. Georges Bottini (1874-1907)
Au bar : la femme en blanc, 1904
Aquarelle - 37 x 27 cm
Collection particulière
Photo : D.R.
JPEG - 266.9 ko
13. Juan Gris (1887-1927)
Devant le Moulin Rouge, vers 1908
Encre de Chine - 43 x 37 cm
Collection particulière
Photo : D.R.

Exposition à plus d’un titre intéressante, ces alentours du Chat Noir sont l’occasion tout à la fois de pénétrer des milieux connus des seuls spécialistes (c’est en particulier le cas des Hydropathes), de découvrir des peintres méconnus qui agirent dans la mouvance du symbolisme (ainsi des paysages de Charles Guilloux ou d’Alphonse Osbert) ou des Nabis (tel Charles Laval peignant en 1893 son ami Gauguin en crucifié avec Le Christ noir), et de voir comment un lieu se fait mythe à travers toutes les formes d’art. Si le catalogue propose de très bons essais, on regrettera que toutes les œuvres ne soient pas commentées, que les dates soient inexistantes s’agissant des artistes et qu’un index eût été fort utile pour se retrouver dans ce qui apparaît comme un livre à l’image exacte du premier Chat Noir de Salis : un fouillis… mais peu ordonné !

Commissaire : Philipp Dennis Cate.


Collectif, Autour du Chat Noir. Arts et plaisirs à Montmartre, 1880-1910, 2012, Skira Flammarion, 190 p., 25,50 €. ISBN : 9782081286122.


Informations pratiques : Musée de Montmartre, 12/14, rue Cortot, 75018 Paris. Tél : + 33 (0)1 49 25 89 37 / (0)1 49 25 89 39. Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h. Jusqu’à 21 h le premier jeudi de chaque mois. Tarif : 8 € (6 et 4 € tarifs réduits, gratuit pour les moins de 10 ans).
Site internet du Musée de Montmartre.


Daniel Couty, lundi 29 octobre 2012


Notes

1Voir dans Les Poètes du Chat Noir, Poésie/Gallimard, 1996, l’article de Georges Auriol, « Portrait de Rodolphe Salis », pp. 66-77, repris de la « Préface » aux Contes du Chat Noir de R. Salis, 1927

2Voir dans Les Poètes du Chat Noir, ouvr. cité, l’article de Goudeau, « La Fondation du Chat Noir », pp. 56-64

3Pour se différencier des romantiques qui se regroupaient en cénacles et pour affirmer leur rupture avec cette littérature qu’ils considéraient comme « morte », les décadents optèrent pour le terme de « cercle ». Ils se réunissaient, non dans l’appartement de l’un d’entre eux comme les romantiques, mais dans quelques cafés qui accueillaient leurs ripailles et disputes littéraires. Sur ce sujet voir l’ouvrage de référence de Louis Marquèze-Pouey, Le Mouvement décadent en France, PUF, 1986, 294 p.

4Le Chat noir parut jusqu’en mars 1895. Dirigée par Goudeau puis par Allais, elle compta de nombreux collaborateurs prestigieux dont Jean Lorrain, Paul Verlaine ou Jean Richepin (sans oublier les Hydropathes déjà mentionnés), et trouva en Caran d’Ache ou Steinlen des illustrateurs de premier plan.

5C’est à ce bal que, l’on s’en souvient, Swann cherchant jalousement Odette un soir à travers Paris, de café mondain en restaurant huppé, « craignait qu’elle n’allât ensuite » s’encanailler. Marcel Proust, A la Recherche du Temps Perdu, « Un amour de Swann, Folio, Gallimard, 1988, p. 292

6« Tout cela est vieillot, passé de mode. L’incohérence a rejoint la décadence, la déliquescence et autres blagues avec ou sans anses dans le sac des vieilles chiffes démodées » écrivait Jules Blois dans le Courrier français lors d’un dernier soubresaut en 1893

7Cité dans le catalogue par Luce Abélès, p. 70.

8G. Fragerolle, membre des Hydropathes, publie le 12 mai 1880 un article sur « Le Fumisme », puis devient par la suite le pianiste attitré du Chat Noir avec Satie. Il a composé la plupart des musiques et poèmes des pièces du théâtre d’ombres qu’il interprétait avec une voix de baryton.

9Mallarmé, Œuvres complètes, t. II, « Bibl. de la Pléiade », Gallimard, 2003, p. 174.




Tip A Friend  Envoyer par email
imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Expositions : Jordaens et l’Antiquité

Article suivant dans Expositions : Edgar Degas, l’œuvre tardif