La Direction Régionale des Affaires Culturelles, représentant en région du ministère de la Culture, par la voix de son directeur François Brouat, est enfin sortie du mutisme qu’elle observait depuis que nous avons déclenché le débat sur les travaux actuellement menés dans les arènes de Fréjus (voir l’article).
Celui-ci n’a pas répondu à La Tribune de l’Art mais il a daigné le faire à France 2 qui publie cet interview sur son site Internet. On apprend donc :
que le projet de restauration a été décidé « par des gens très compétents », argument d’autorité qui empêche a priori toute discussion ;
que l’architecte « Francesco Flavigny n’est pas n’importe qui, comme le montrent ses réalisations antérieures » ; nouvel argument d’autorité, d’autant plus vain que personne n’a attaqué Francesco Flavigny, à propos duquel nous écrivions d’ailleurs qu’il n’était « pas connu habituellement pour massacrer le patrimoine » ;
que les travaux étaient financés à 50% par l’Etat, ce que nous avions déjà dit et qui rend ceux-ci encore plus scandaleux ;
que « le projet préserve l’intégrité du monument et son architecture initiale » ; il suffit de regarder les photographies pour constater à quel point l’intégrité du monument est préservée... ;
et surtout, cette phrase admirable : « le dispositif actuellement mis en place est réversible. Ultérieurement, si on souhaite l’ôter, cela est parfaitement possible. » Qualifier de réversible une construction en béton comme s’il s’agissait de gradins en bois relève, au mieux, de l’humour. On aurait aimé savoir quel serait le coût de cette réversibilité.
François Brouat, à la dernière question de la journaliste portant sur l’expression de « massacre patrimonial » que nous avions utilisé dans notre article, explique que cela « rentre dans le cadre d’un débat sur le patrimoine commun. Débat qu’il est toujours important d’avoir. » Mais ce débat n’a jamais eu lieu. Menant leurs travaux dans une discrétion qui ne les honore pas, les responsables de ce chantier s’expriment du bout des lèvres en refusant, justement, le débat à ceux qui ne sont pas d’accord avec leur conception du patrimoine.
Puisque le débat est important, nous demandons donc à François Brouat de pouvoir l’interroger nous-même à propos de ce chantier, et de lui poser les questions auxquelles il avait refusé de répondre lorsque nous l’avions sollicité avant la rédaction de notre article.

