
1. Francesco Albani, dit L’Albane (1578-1660)
Cybèle et les Saisons ou Allégorie de la Terre
Huile sur cuivre - 88 x 103 cm
Fontainebleau, Château
¨Photo : D. Rykner
10/10/08 – Appel à mécénat – Fontainebleau, Musée national du Château – Fontainebleau conserve une importante collection de peintures anciennes, peu connue du public car exposée dans des salles en général fermées faute d’un nombre suffisant de gardiens. Ces œuvres sont souvent des dépôts anciens du Musée du Louvre.
On y trouve pas moins de quatre importants tableaux de l’Albane, trois sur cuivre et un sur toile. Deux de ces cuivres, L’allégorie de la Terre (ill. 1) et L’allégorie du Monde Céleste (ill. 2) font partie d’une série d’Eléments figurés respectivement par les divinités de la Terre, du Ciel, de la Mer et des Enfers. Carlo Cesare Malvasia, historien de la peinture bolonaise et auteur d’une vie de l’Albane, indique que cet ensemble avait été commandé par un français, Jacques le Veneur, comte de Carrouges. Celui-ci n’ayant pas apprécié la manière dont le peintre avait représenté les nus masculins, il est probable que Les Enfers n’aient jamais été peints. Les deux tableaux déjà à Fontainebleau ont un historique prestigieux : ils ont appartenu par la suite à André Le Nôtre, puis furent donné par celui-ci à Louis XIV en 1693. Ils ont été déposés par le Louvre en 1875.

2. Francesco Albani, dit L’Albane (1578-1660)
Apollon et Mercure ou Allégorie du Monde Céleste
Huile sur cuivre - 88 x 103 cm
Fontainebleau, Château
¨Photo : D. Rykner

3. Francesco Albani, dit L’Albane (1578-1660)
Neptune et Amphitrite ou Allégorie du Monde Marin
Huile sur cuivre - 88 x 103 cm
Etats-Unis, collection particulière
¨Photo : D. R.
Le Neptune et Amphitrite (ill. 3) s’est trouvé séparé des deux autres cuivres avant qu’ils ne furent acquis par Le Nôtre. On le retrouve au XVIIIe siècle dans la collection de Crozat, puis dans celle de Pierre-Louis-Paul Randon de Boisset. Après être passé dans diverses mains, dont celles de Lucien Bonaparte, il aboutit en Angleterre et fut vendu le 29 octobre 1999 chez Christie’s à Londres et adjugé à son actuel propriétaire pour 683 500 £. La Caisse des Monuments Historiques, qui a en charge le château de Carrouges, avait alors tenté en vain de l’acheter. La loi sur les trésors nationaux, qui permet de décréter d’importance patrimoniale majeure des œuvres conservées hors du territoire français, laisse aujourd’hui envisager une acquisition (par l’intermédiaire de Christie’s, pour un prix de 1 380 930 €) grâce au mécénat. Les entreprises impliquées pourraient ainsi bénéficier d’une remise fiscale de 90% de ce montant et d’autre contreparties en communication et relations publiques.
La réunion de ces trois tableaux semble préférable à un retour à Carrouges d’une œuvre qui l’a quitté il y a plus de deux siècles. Souhaitons non seulement que cet achat puisse être effectivement réalisé, mais aussi que les salles de peinture du Château soient enfin ouvertes au public.
P.S. Ce tableau a finalement été acquis par le château de Fontainebleau (voir brève du 11/3/09)
